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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 22:08

Profitons de cette pause rugbystique (le Top 14 ne m'intéresse que peu, n'ayant pas d'équipe favorite) pour exhumer une vieille liste établie à l'issue d'une chaîne bloguesque (ce qui, compte tenu de la raréfaction de ces dernières, témoigne du grand âge de ladite liste... griffonnée au dos d'un billet de train elle aussi)

Il s'agissait de citer 15 auteurs qui avaient marqué notre vie de lecteur/lectrice (pour ma part, je me permets d'ajouter mon expérience de traductrice).

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Voici les miens, par ordre à peu près chronologique :

- Enid Blyton, bien entendu. La fameuse Enid des Oui-Oui (le pays des jouets est un de mes tous premiers souvenirs de lecture), clan des sept, club des cinq, mystères... ayant hérité de la (conséquente) collection de Bibliothèque Rose paternelle, j'en ai dévoré du Blyton, et de la qualité s'il vous plaît, bien avant que l'éditeur n'aie l'idée saugrenue de moderniser (comprendre édulcorer) la traduction...

- Serge Dalens. Ah les Signe de Piste, reflets d'une soif d'aventure et d'idéal adolescente que le scoutisme parvenait mal à combler... Mais Dalens m'a aussi beaucoup marquée par son implication sociale ; je me souviendrai à vie de la Blanche et de la prise de conscience de ma chance que cette lecture a entraînée.

- Kant. Soyons très clairs, j'ai beaucoup de mal à en apprécier la lecture (stylistiquement parlant). Mais c'est avec lui que, outre mes cours de latin, j'ai appris à traduire, et à aimer ça. Ma prof d'allemand était un peu une sadique dans son genre, car nous faire traduire des phrases de 10 lignes, qui plus est dans une langue ou le sujet et le verbe peuvent en avoir autant d'écart, c'était quelque peu cruel. Mais j'avais quelques années de latin dans les pattes, et surtout j'aimais déjà passer des tournures allemandes aux tournures françaises. Et me creuser la tête pour tenter de trouver la meilleure combinaison possible...

- Nathalie Sarraute. Pour son Enfance, ou ma première oeuvre littéraire "adulte" lue et appréciée sans aucune obligation scolaire, en seconde. Qui eût cru que la grande prêtresse du Nouveau Roman serait à l'origine de ma découverte de la littérature française ?

- Pearl Buck. Pour le coup, si je l'ai beaucoup appréciée au lycée, je l'ai surtout redécouverte avec plaisir après mes deux voyages en Asie : y a-t-il meilleure manière d'approfondir ses connaissances de la culture et de l'histoire chinoise qu'en les découvrant à travers le regard à la fois fasciné et nuancé d'une Occidentale qui y a passé son enfance ?

- J. K. Rowling. Eh oui, je suis de la génération Harry Potter. Mais bien plus que pour ses talents de narratrice, c'est pour ses talents de professeur d'anglais que je la cite. C'est en effet grâce à elle que j'ai réussi à lire enfin en entier un livre dans la langue de Shakespeare. Et surtout que j'ai apprécié ça (et pourtant, je pratiquais déjà celle de Goethe à haute dose, et la véritable prof avait lancé plusieurs lectures en cours. Mais je m'étais toujours rabattue sur les traductions au bout de quelques pages. Comme quoi, les vocations naissent parfois dans des conditions étranges...)

- Céline. Un choc, en hypokhâgne (et pourtant j'étais prévenue). Il nous fallait choisir entre le grand Proust et le grand Céline, et lire leurs quatre premiers romans ; j'ai opté pour le second afin d'être un peu plus originale et de découvrir enfin le fameux Voyage au bout de la nuit qu'un camarade de lycée m'avait tant vanté. Et non seulement je n'étais pas été déçue, mais mon propre style en a été durablement marqué, à base de points de suspension à tout va...

- Flaubert. Un autre choc d'hypokhâgne, également préparé dès le lycée puisque j'avais dû étudier Madame Bovary pour le bac. Mais c'est en HK que j'ai appris à apprécier son style et son ironie délicieuse.

- Pascal Quignard, troisième découverte d'hypokhâgne (oui, on peut dire que mon prof de lettres d'alors m'a vraiment fait découvrir et aimer la littérature). Des textes brefs et ciselés, en parfaite opposition à Céline et Flaubert, mais s'inscrivant pourtant dans la droite ligne des grands écrivains à la française...

- Georges Bernanos. Journal d'un curé de campagne est l'un des rares livres que je relirai encore et toujours avec un immense plaisir. En revanche, je garde un souvenir plus mitigé de Sous le soleil de Satan, mais ce doit être parce qu'il est plus narratif...

- Marie Noël. Je garde un souvenir ému aux larmes de son poème mis en musique par les frères Martineau, qui éveille toujours autant de douleurs familiales. Mais de manière générale, l'ensemble de son oeuvre résonne de manière très particulière dans ma vie de femme et de chrétienne, je ne pouvais donc pas ne pas la citer.

- Jane Austen. J'aurais mis le temps, mais celle qui m'apparaissait, avant que je ne la connaisse, comme un auteur féminin "de bas étage" (j'imaginais de grandes histoires romantiques à l'eau de rose... il faut dire que les titres comme Raison et sentiments sont trompeurs...), a fini par me dévoiler ses charmes. Son ironie mordante, sa grande finesse d'analyse des caractères, sa grande justesse sur la complexité des sentiments et le ridicule qui s'y attache parfois... j'ai dévoré l'intégrale en Pléiade et en anglais, et je m'y replonge avec délices dès que j'ai besoin d'un petit remontant !

- Wilhelm Roux. Un biologiste allemand contemporain de Darwin, à l'origine d'une expérience de traduction assez cuisante, mais aussi d'une lecture rébarbative de prime abord qui a gagné en intérêt au fur et à mesure de l'avancée de la traduction. Je n'irais pas jusqu'à dire que je me précipiterai sur ses autres écrits, mais c'est sûr, ça marque.

- Marceline Desbordes-Valmore. Un peu comme Marie Noël, ses écrits m'ont touchée au moment où je traversais des questions qui y trouvaient une résonance particulière. 

- Philippe Delerm. Une découverte due aux blogs. Et un véritable régal que cette plume capable de croquer avec finesse et délicatesse les petits instants du quotidien. La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, bien évidemment, mais aussi Ma grand-mère avait les mêmes. En attendant d'autres.

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Et vous, votre Top XV ?

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commentaires

N
<br /> Fais-moi penser, un jour, à te demander par quoi je dois commencer pour découvrir certains de tes auteurs préférés ! Tu donnes envie d'en lire plus !<br /> <br /> Et, si jamais tu voulais quelques volumes, n'hésite pas à demander si on les a par chez moi, parce que dans les 11 000 bouquins de la maison, ça doit bien se trouver. Notamment des Pearl Buck, on<br /> en a des tas. ^^<br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Ca dépend si tu préfères de la poésie, des nouvelles ou de longs romans ! :) Pour les titres que j'ai cités, fonce carrément...<br /> <br /> <br /> Quant à P. Buck on en a déjà un peu parlé, mais n'hésite pas. Je suis toujours contente de pouvoir aider (et je trouverai bien encore un peu de place dans ma pauvre bibliothèque débordante...)<br /> <br /> <br /> <br />