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Les femmes, je le sais, ne doivent pas écrire ;

J'écris pourtant...

Marceline Desbordes Valmore, Une lettre de femme, 1860

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 21:25

Rappel du principe, emprunté aux Piles intermédiaires : je me retrouve atteinte par mon métier au point de repérer désormais dans mes lectures les mentions qui en sont faites ou les situations qui s'en rapprochent. Pour cette troisième citation, abandonnons Jack Aubrey et intéressons-nous à un livre dont je vous ai parlé ici :

"Un gradé quelconque que la guerre avait transformé en homme important était venu en repérage. Il cherchait à réquisitionner des bâtiments dans le village, et avait sans surprise pensé au plus grand d'entre tous, le sanctuaire. Dans la grande salle derrière l'entrée, sous les arcades décrépies, le militaire escorté qui s'était invité sans prévenir demanda à rencontrer le père supérieur qui arriva sans tarder. Malgré sa volonté de temporiser, ce dernier constata très vite un problème incongru en la circonstance : ils se comprenaient mal, et dans la tension ambiante la catastrophe guettait derrière le moindre mot compris de travers. C'est alors qu'un des religieux se souvint que deux des Chinois confinés, marchands prospères à Milan avant leur arrivée, connaissaient plusieurs langues. On les fit venir à la hâte, et ils confirmèrent qu'ils avaient des rudiments d'allemand. Alors, sous les arcades décrépies de la salle d'un couvent des Abruzzes, deux Chinois servirent d'interprètes entre des religieux italiens et un officier de la Wehrmacht. Dans le silence qui caressait les murs épais, l'officier détachait ses questions et devait s'y résoudre : c'étaient bien deux Chinois paniqués qui, devant lui, se concertaient pour retransmettre le message et la réponse en sens inverse. Deux hommes frêles, saisis par cette figure qui devant eux donnait chair aux causes de leur confinement, cet homme-guerre massif, lointain, et pourtant si présent dans cette pièce comme un pilier suppplémentaire, soumis à leurs allers-retours, à la fièvre dans leurs regards, aux tremblements de leurs lèvres. L'homme-guerre parlait réquisition, délais, surfaces disponibles, cela passait dans un monde chinois, au travers des souffrances, des silences, des souvenirs. En sortaient quelques mots en italien qui se déposaient devant les pères, d'autres repartaient alors. Trois grammaires se jaugeaient, flottantes et épuisant l'espace, trois mondes logiques, trois structures de signes qui disaient la puissance ou la dépendance sous des rapports différents que ceux qui se donnaient à voir sur les galons de l'Allemand ou la robe des pères. Le monde chinois était la jonction, un invraisemblable détour qui éclairait d'une ironie ravageuse le mythe qu'était la solidarité germano-italienne. Ce monde obscur et lointain que les deux autres dévisageaient, cette instance mystérieuse était pourtant leur clé. Elle se dilatait puis se densifiait, selon que l'incompréhension apparaissait, résistait aux efforts, gagnait, ruinait le fantasme d'un monde immédiat et allemand, cette négociation se hérissait de montagnes, de cols, de pentes à gravir, de ravins à franchir, une langue alpiniste, là où l'officier allemand pensait être juste entré pour ordonner et se faire obéir. Il y avait le Sasso dehors, un orage de mi-septembre, et des montagnes dans cette pièce-même. La panique le saisit. Le sentiment d'une solitude que nulle violence n'eût su réduire, les montagnes de mots vibraient et s'imposaient à lui, l'orage approchait, rien n'était plus comme il l'avait décidé. Et pourtant, les Chinois tremblants restaient des Chinois tremblants. L'officier n'en put vite plus, de ces frêles montagnes, de cette situation insolite, de cette dépendance. Il se leva. Il sourit vainement pour donner une forme acceptable à la débâcle, tenta de faire illusion en prétendant que tout était donc réglé et partit en ayant soin de prévenir qu'il reviendrait pour les derniers détails. Il emporta avec lui les minces informations locales qu'il avait extirpées du tamis des trois mondes. De fait, quelques généralités sur la situation dans la zone. Il se les repassa en mémoire en sortant. En un mot, elles étaient indigentes. Quelque chose avait tenu bon. Il ne revint pas."

Thomas Heams-Ogus, Cent seize Chinois et quelques,
Points-Seuil, 2010, p. 101-104

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 21:16

Toujours comme les Piles intermédiaires, je me retrouve atteinte par mon métier au point de repérer désormais dans mes lectures les mentions qui en sont faites ou les situations qui s'en rapprochent. Après un premier exemple ici, voici donc un second extrait des aventures de Jack Aubrey où ce dernier s'essaie à la traduction avec plus ou moins de bonheur...

"-[Cette lettre] vient de l'homme d'affaires de Stephen, Mr Skinner. (Il lut en hochant la tête d'un air approbateur à chaque paragraphe.) Je suis très satisfait de lui. Un excellent homme d'affaires, la tête claire, et actif comme une abeille. Il porte la guerre dans leur camp, ces chiens infernaux : voilà ce que j'aime. Il dit qu'une citation duces tecum les contraindra à montrer le papier que j'ai signé, et mettra fin à cette incertitude ; et il a déjà lancé l'assignation. Duces tecum : voilà ce qu'il faut.
- Qu'est-ce que cela veut dire ? demanda Sophie.
- Je n'ai jamais été très bon en latin, dit Jack. Pas comme Philip Broke. Mais je me souviens de dux, un chef, un amiral pourrait-on dire, et le pluriel est duces. On pourrait donc traduire duces tecum par les amiraux sont avec toi, et je n'en demande pas plus. Excellent Mr Skinner."

Patrick O'Brian, La Citadelle de la Baltique, édition du Club France Loisirs, 1999
Traduction de Florence Herbulot, p. 136

 

Pauvre Jack, ses connaissances en latin sont effectivement défaillantes, et il confond le substantif dux avec le verbe ducere, qui veut dire conduire, mener, amener, apporter. En l'occurrence, la notion juridique de subpoena duces tecum signifie donc tout simplement qu'il faut "apporter [les preuves] avec soi". Je vous renvoie ici pour de plus amples explications.

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 21:06

Depuis le dernier billet et ma virée lyonnaise, j'ai été pas mal accaparée par la vie réelle, le Tournoi des 6 nations et les préparatifs de la prochaine saison de mariages et de vadrouilles. Du coup, outre quelques brouillons de billets qui verront le jour quand la motivation pour les finir me reviendra, j'ai gardé une petite trace de mes dernières lectures, qu'il est temps de partager ici.

O-Brian03.jpg

- Je vous en ai parlé brièvement ici, en vous donnant un extrait savoureux du 2e tome : Maître à bord, Capitaine de vaisseau, La Surprise et Expédition à l'île Maurice sont les quatre premiers d'une série de vingt romans d'histoire maritime anglaise écrits par Patrick O'Brian. Si vous avez aimé Master and Commander, eh bien les livres qui ont inspiré le film sont encore meilleurs. Un peu ardus pour les néophytes du vocabulaire de marine au début, mais une fois qu'on arrive à dépasser le premier blocage et à distinguer à peu près les noms de voile des noms de mâts, vogue la galère ! Et pour ceux d'entre vous qui auraient peur d'offrir ces livres à un traducteur (on se demande bien pourquoi !), allez-y en toute confiance : la traduction française en question a été relue par l'auteur, lui-même traducteur anglophone... et si je ne m'abuse, les derniers tomes ont été traduits par une de mes profs de l'ESIT, référence illustre en traduction nautique... En revanche, évitez les adeptes de Napoléon (puisque l'intrigue se passe à l'époque de Nelson... et que ça tire donc sur les marins français à tous les coins de page) et les réfractaires à la marine à voile du XVIIIe siècle.

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- David Foenkinos, La Délicatesse : on m'en avait dit plus de mal que de bien : déroutant, étrange, neuneu... eh bien pour ma part j'ai beaucoup aimé. Certes, la construction qui alterne passages de récit et digressions plus ou moins annexes à l'intrigue, un peu à l'image des Fourmis de Bernard Werber, ne va pas de soi. Mais je n'ai pas trouvé cela particulièrement gênant ; au contraire cela apporte un certain recul ou un autre angle de vue par rapport à une écriture parfois trop omnisciente lorsqu'on s'attarde sur les personnages, leurs expériences, leurs ressentis. Et la bouffée d'espérance et de vérité portée par ces deux personnages que rien ne destinait l'un à l'autre est précieuse.

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- Edith Wharton, Eté : j'avais découvert au lycée Le Temps de l'innocence, puis plus récemment Les beaux mariages, et j'avais beaucoup aimé l'écriture d'Edith Wharton, à la croisée des chemins entre Jane Austen (oui, encore !) et F. S. Fitzgerald, pour son regard désabusé sur la bonne société newyorkaise de la Belle Epoque. Eté, quoique plus court, ne déroge pas à la règle : j'ai beaucoup aimé cette description de la découverte du sentiment amoureux qui culmine avec l'été, avant que l'héroïne ne fasse l'amer constat que ses aspirations à une vie indépendante des convenances se heurtent au nécessaire pragmatisme de la vie réelle. Une belle description de la désillusion du romantisme...

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- Joseph Fadelle, Le prix à payer. L'AED lançant une chaîne de prières pour les chrétiens connaissant le plus de difficultés à vivre leur foi, je m'étais dit que ce pouvait être une bonne idée de lire enfin ce témoignage à l'orée du Carême. Poignant. Pas tellement à cause de l'histoire de cet Irakien issu d'une grande famille musulmane et converti au Christ pendant son service militaire, mais bien plus pour ce à quoi cela me renvoie dans la pratique de ma propre foi. Que dire d'autre que l'on en sort avec une autre lecture de la dernière Béatitude (Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux !)... et que je suis encore plus convaincue de l'escroquerie intellectuelle du mot christianophobie utilisé à tout va pour la moindre brimade...

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- Hermann Hesse, Le Loup des steppes. Je l'avais commencé il y a plusieurs mois, sur les conseils d'une amie allemande, et m'étais arrêtée au bout de quelques dizaines de pages. La lecture était ardue (en VO, forcément), et la folie du personnage et de l'histoire trop déroutants. Et puis on m'a reparlé de Hermann Hesse (avec un bel accent franchouillard qui m'a laissée un peu perplexe au départ... je me demandais qui était ce "Hermanes" qui devait être un auteur hispanophone inconnu...) en très bien, donc je me suis remotivée... et je l'ai dévoré. Le personnage principal est touchant dans sa folie et dans sa prise de conscience de celle du monde qui l'entoure, et l'ambiance étrange de l'entre deux-guerres, où l'on espérait ne plus connaître de guerre tout en se dirigeant inéluctablement vers la Seconde, est tout à fait perceptible.

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- Thomas Heams-Ogus, Cent seize Chinois et quelques. Parce qu'il en parle mieux que moi, je vous dirige vers la recension de Pierre Assouline. Pan méconnu de l'histoire italienne, après les Juifs, les communistes et les Tziganes ont été enfermés en camps les Chinois immigrés en Italie. Alliance avec le Japon oblige. Ce petit livre (une centaine de pages) retrace leur histoire avec des mots extrêmement soigneux et délicats. J'ai beaucoup aimé. Et pas seulement parce que ça parlait de Chine et de campagne italienne.

un-jour.jpg- Nicholls, Un jour. L'idéal pour se reposer la tête après (et avant!) du Hesse et le précédent. L'originalité de cette histoire d'amour à base de "je t'aime mais je ne te le dirai pas" a déjà été commentée cent fois : le récit n'en présente qu'un jour par an, à la date anniversaire de leur premier rapprochement. La traduction n'est pas trop mauvaise et ça se laisse bien lire. J'ai apprécié aussi l'évolution des personnages au gré de leur âge et des changements que travers la société. Mais je suis contente de ne pas être allée voir le film.

youcat.jpg- Et parce que c'est le Carême, justement, une lecture plus spi... le célèbre Youcat distribué aux JMJ de Madrid ! Et je confirme que c'est ultra pratique et percutant. Pourtant j'aimais déjà bien la version "complète" que je n'hésitais pas à consulter, mais là il y a de quoi lire en piochant au hasard des articles, ou bien en lecture suivie, afin de se former pour connaître l'essentiel de notre foi. Ce qui est une obligation pour tout chrétien, comme cela nous est régulièrement rappelé.

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 14:20

En guise d'hommage aux Piles intermédiaires, qui recense au gré de ses lectures les citations cinéphiles, voici un extrait d'un roman lu récemment (l'un de ceux qui ont inspiré le film Master and Commander pour faire court), où l'on parle de traduction et du métier de traducteur. Une véritable pépite, qui trahit sans doute quelque peu l'expérience de son auteur...

***

"J'étais un homme de lettres. Nous étions assez nombreux - non pas élevés pour les affaires ou pour exercer un métier, mais dotés de quelque éducation et d'assez d'argent pour s'offrir des plumes et une main de papier -, qui commencions à écrire et à nous installer dans cette partie de la ville. (...) Certains avaient un peu d'originalité - je crois que pour ma part, au début, j'avais une vraie disposition pour les vers - mais nous étions sur les versants inférieurs de l'Hélicon, monsieur, le genre d'auteurs qui écrivent un Guide universel pour attraper les rats vivants ou La Naissance malheureuse, la vie malfaisante et la fin misérable de Judas Iscariote, l'Apôtre fourbe. Et des opuscules, naturellement : Réflexions sur la crise actuelle, par un aristocrate, ou bien Nouvelle Méthode pour consolider la dette nationale. Pour ma part, je m'occupais de traductions, pour le compte des libraires.

- De quelle langue ?

- Oh, de toutes les langues, monsieur. Si c'était oriental, ou classique, il y avait toujours un Français qui était passé avant nous. Quant à l'italien et l'espagnol, je parvenais généralement à les déchiffrer. Le haut-flamand aussi. J'étais assez compétent en haut-flamand, à l'époque où j'avais parcouru Elegant Diversions de Fleischhacker et Nearest Way to Heaven de Strumpff. Dans l'ensemble, je m'en sortais assez bien. Il m'arrivait rarement d'avoir faim ou de me trouver sans logement, car j'étais propre, sobre, ponctuel et, je vous l'ai dit, pas fainéant. Je respectais toujours les délais qu'on m'imposait, les imprimeurs comprenaient mon écriture, et je corrigeais mes épreuves dès qu'elles me parvenaient. Mais il arriva qu'un libraire, un certain... chut, je ne peux pas citer de noms... M. G. me fit venir et me proposa de traduire Les Mers du Sud de Boursicot. J'étais très heureux d'accepter, car les affaires étaient plutôt calmes. Je vivais depuis un mois sur Le Cas des druides considéré d'un point de vue impartial, un petit texte publié dans le Ladies' Repository, et les druides ne me permettaient pas de m'offrir autre chose que du pain et du lait. Nous nous sommes mis d'accord pour une demi-guinée la page. Je n'ai pas osé exiger plus, bien que ce fût imprimé en petits caractères, et toutes les notes en perle.

- Qu'est-ce que cela signifiait, en revenu hebdomadaire ?

- Eh bien, monsieur, en tenant compte des passages plus difficiles, et en travaillant douze heures par jour, cela pouvait faire jusqu'à vingt-cinq
shillings ! J'étais ravi, vous le pensez bien : à l'exception de l'abbé Prévost, Boursicot est l'auteur français de récits de voyage le plus prolifique que je connaisse. C'était d'ailleurs le travail le plus long qu'on m'ait jamais proposé. J'ai pensé que cela m'assurerait pour longtemps un revenu régulier. Mon crédit était bon, alors j'ai déménagé - j'ai pris la chambre avec deux fenêtres en façade, une belle pièce pour la lumière. J'ai acheté du matériel, et plusieurs livres dont je pouvais avoir besoin, y compris des dictionnaires très coûteux.

- Vous aviez besoin d'un dictionnaire pour le français ?

- Non, monsieur. J'en avais un. Il s'agissait du Naval Expositor de Blanckley, et des livres de Du Hamel, Aubin et Savérien, dont j'avais besoin pour comprendre les mots difficiles relatifs aux naufrages et aux manoeuvres, et pour connaître les occupations des voyageurs. Je trouve qu'il est indispensable, pour traduire, de bien comprendre le texte, monsieur. J'ai toujours préféré cela. J'ai donc travaillé, dans ma jolie chambre, refusant deux ou trois propositions d'autres libraires, et mangeant deux fois par semaine dans une gargote... Jusqu'au jour où M. G. m'a envoyé un jeune homme pour m'informer qu'il avait réfléchi à mon projet de traduire Boursicot. Que ses associés trouvaient le coût de la gravure un peu élevé. Et qu'il n'y avait pas, vu la situation du marché, une demande suffisante pour un tel article. 

- Vous aviez un contrat ?

- Non, monsieur. C'était ce que les libraires appellent un gentleman's agreement.

- Aucun espoir, alors ?

- Absolument aucun, monsieur. J'ai essayé, bien entendu. On m'a claqué la porte au nez, pour ma peine. Il m'en a voulu de me rebeller contre ses mauvais traitements et il a répandu des histoires à mon sujet, dans la profession, prétendant que je devenais insolent... C'est la dernière chose qu'un libraire puisse tolérer chez un nègre. Il a même dit du mal d'une petite traduction anodine que j'avais faite pour la Literary Review. Personne ne me proposait plus de travail. Mes biens ont été saisis, et mes créanciers auraient fini par s'emparer de ma personne, si je n'avais été assez inspiré pour leur fausser compagnie."

Patrick O'Brian, Capitaine de vaisseau, Presses de la Cité, 1996
Traduction de Jean-Charles Provost, p. 176-178

***

Et puis j'ai oublié de vous en parler, mais Alex du blog de Mox a publié en décembre dernier le premier recueil des aventures traductologiques, linguistiques et quotidiennes de Mox ! Pour le commander, cliquez sur l'image, pour ma part je devrais le recevoir très bientôt, mais comme j'ai une entière confiance en son auteur, et que le gratin des blogs de traducteurs y a apporté sa contribution, je vous le recommande dès à présent ! 

http://4.bp.blogspot.com/-9_SPeK5qLAY/TtisgvAXXOI/AAAAAAAAAsA/R_ohbIFMKC4/s320/mox+the+book+framed.jpg

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 23:34

Vous l'aurez compris ici ou ici, mes lectures de ces derniers temps tournent beaucoup autour de l'Asie et des voyages... et c'est encore mieux quand je peux combiner les deux !

Lus dernièrement, donc :

- La Mère, de Pearl Buck

La-Mere---P.-Buck.jpg

Je vous ai déjà dit que j'aimais Pearl Buck et la Chine ? :) Intéressant récit que cette histoire d'une paysanne qui voit son mari l'abandonner et qui se démène pour continuer à vivre et à élever leurs enfants, le tout dans un contexte de montée du communisme qui vient s'opposer aux coutumes traditionnelles et au rythme de la vie telle qu'elle la connaît. Et comme toujours chez Pearl Buck, aucun besoin de connaître quoi que ce soit à la Chine pour rentrer dans l'histoire et apprécier !

- Le Club Jane Austen, de Karen Joy Fowler

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L'histoire d'un club de lecture comprenant cinq femmes et un homme, qui décident de lire l'oeuvre de Jane Austen. Décevant. J'espérais retrouver d'une certaine manière l'ironie de Jane Austen, de vraies parallèles avec ses livres, et au final je n'ai lu qu'un roman américain assez convenu qui associe plusieurs histoires de femmes en crise, un peu comme Les divins secrets des petites Ya-Ya, alors que j'attendais plutôt The Hours, ou comme les comédies romantiques chorales sans originalité.  La seule citation qui m'ait plu : "N'est-ce pas Kipling qui a dit : "Quand tout va mal, rien ne vaut Jane Austen"? Ou quelque chose comme ça."

Baden Powell, de Philippe Maxence

Une biographie particulièrement complète et instructive ; l'occasion d'aller au-delà de la figure mythique du fondateur du scoutisme et du héros de Mafeking auquel on se limite bien souvent. Et une citation assez rigolote que je vous partagerai en temps voulu. A lire pour les amateurs d'histoire militaire, d'histoire anglaise et/ou d'histoire du scoutisme !

- Testament à l'anglaise, de Jonathan Coe

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Pour le coup, on retrouve toute l'ironie des auteurs anglais les plus grands. Une enquête complexe sur fond de saga familiale touchant à la grande Histoire anglaise, dans une dynastie cachant bon nombre de squelettes dans ses placards ; de quoi dégoûter des familles nombreuses lorsque la jalousie et la division s'en mêlent... mais un roman particulièrement bien écrit (et bien traduit), et une belle manière de comprendre l'histoire anglaise contemporaine, de la Seconde guerre mondiale à Margaret Thatcher.

- Hong Kong et Macao, de Joseph Kessel

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Un coup de coeur pour cet autre récit de voyage. Je n'avais jusqu'ici lu que Le Lion, que j'avais beaucoup aimé. Et j'ai été ravie de retrouver la plume de Kessel pour ces impressions de voyage dans deux villes que j'ai moi aussi visitées, en long en large et en travers pour l'une d'elles, et beaucoup appréciées. Cela dit, je ne suis pas sûre de conseiller ce livre à quelqu'un qui ne connaîtrait pas au moins l'une de ces deux régions : en 50 ans, elles ont énormément changé, et si vous étiez amené à les visiter ensuite, vous risqueriez d'être considérablement déçu... mieux vaut sans doute voir la ville moderne avant de se plonger dans la nostalgie du passé !

- Voyage d'une Parisienne à Lhassa, d'Alexandra David-Néel.

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Le rêve : un récit de voyage, et en Chine ! Et effectué par une femme de surcroît : sans être une adepte du féminisme, j'apprécie quand quelqu'un parvient à réaliser ses rêves... C'est Ivre de Chine, dont je vous parlais ici, un autre récit de voyage haut en couleurs quoique bien plus récent, qui m'a donné envie de le lire. Et je n'ai pas été déçue ! Suspense, découvertes culturelles, rebondissements dignes des meilleurs romans, sans oublier un soupçon de fantastique bienvenu en terre bouddhiste, c'est une véritable aventure que cette femme admirable à plusieurs points de vue a eu la chance de vivre ! Faisant preuve de beaucoup de respect sans compromission pour autant, c'est un livre véritablement fascinant.

- En avant, route !, d'Alix de Saint-André.

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Retour à l'Europe pour celui-ci. Je ne regrette pas une seconde d'avoir attendu de m'être lancée à mon tour sur les pas des jacquaires pour lire ce récit de trois voyages vers Saint-Jacques. On y retrouve l'ambiance du Camino, les questions qui poussent à y partir, les douleurs et les rencontres qui en font tout le sel. Sans doute peu original, mais indubitablement authentique, n'est-ce pas ce que l'on attend de ce genre de récit ?

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 22:08

Profitons de cette pause rugbystique (le Top 14 ne m'intéresse que peu, n'ayant pas d'équipe favorite) pour exhumer une vieille liste établie à l'issue d'une chaîne bloguesque (ce qui, compte tenu de la raréfaction de ces dernières, témoigne du grand âge de ladite liste... griffonnée au dos d'un billet de train elle aussi)

Il s'agissait de citer 15 auteurs qui avaient marqué notre vie de lecteur/lectrice (pour ma part, je me permets d'ajouter mon expérience de traductrice).

Enfant-qui-lit.jpg

Voici les miens, par ordre à peu près chronologique :

- Enid Blyton, bien entendu. La fameuse Enid des Oui-Oui (le pays des jouets est un de mes tous premiers souvenirs de lecture), clan des sept, club des cinq, mystères... ayant hérité de la (conséquente) collection de Bibliothèque Rose paternelle, j'en ai dévoré du Blyton, et de la qualité s'il vous plaît, bien avant que l'éditeur n'aie l'idée saugrenue de moderniser (comprendre édulcorer) la traduction...

- Serge Dalens. Ah les Signe de Piste, reflets d'une soif d'aventure et d'idéal adolescente que le scoutisme parvenait mal à combler... Mais Dalens m'a aussi beaucoup marquée par son implication sociale ; je me souviendrai à vie de la Blanche et de la prise de conscience de ma chance que cette lecture a entraînée.

- Kant. Soyons très clairs, j'ai beaucoup de mal à en apprécier la lecture (stylistiquement parlant). Mais c'est avec lui que, outre mes cours de latin, j'ai appris à traduire, et à aimer ça. Ma prof d'allemand était un peu une sadique dans son genre, car nous faire traduire des phrases de 10 lignes, qui plus est dans une langue ou le sujet et le verbe peuvent en avoir autant d'écart, c'était quelque peu cruel. Mais j'avais quelques années de latin dans les pattes, et surtout j'aimais déjà passer des tournures allemandes aux tournures françaises. Et me creuser la tête pour tenter de trouver la meilleure combinaison possible...

- Nathalie Sarraute. Pour son Enfance, ou ma première oeuvre littéraire "adulte" lue et appréciée sans aucune obligation scolaire, en seconde. Qui eût cru que la grande prêtresse du Nouveau Roman serait à l'origine de ma découverte de la littérature française ?

- Pearl Buck. Pour le coup, si je l'ai beaucoup appréciée au lycée, je l'ai surtout redécouverte avec plaisir après mes deux voyages en Asie : y a-t-il meilleure manière d'approfondir ses connaissances de la culture et de l'histoire chinoise qu'en les découvrant à travers le regard à la fois fasciné et nuancé d'une Occidentale qui y a passé son enfance ?

- J. K. Rowling. Eh oui, je suis de la génération Harry Potter. Mais bien plus que pour ses talents de narratrice, c'est pour ses talents de professeur d'anglais que je la cite. C'est en effet grâce à elle que j'ai réussi à lire enfin en entier un livre dans la langue de Shakespeare. Et surtout que j'ai apprécié ça (et pourtant, je pratiquais déjà celle de Goethe à haute dose, et la véritable prof avait lancé plusieurs lectures en cours. Mais je m'étais toujours rabattue sur les traductions au bout de quelques pages. Comme quoi, les vocations naissent parfois dans des conditions étranges...)

- Céline. Un choc, en hypokhâgne (et pourtant j'étais prévenue). Il nous fallait choisir entre le grand Proust et le grand Céline, et lire leurs quatre premiers romans ; j'ai opté pour le second afin d'être un peu plus originale et de découvrir enfin le fameux Voyage au bout de la nuit qu'un camarade de lycée m'avait tant vanté. Et non seulement je n'étais pas été déçue, mais mon propre style en a été durablement marqué, à base de points de suspension à tout va...

- Flaubert. Un autre choc d'hypokhâgne, également préparé dès le lycée puisque j'avais dû étudier Madame Bovary pour le bac. Mais c'est en HK que j'ai appris à apprécier son style et son ironie délicieuse.

- Pascal Quignard, troisième découverte d'hypokhâgne (oui, on peut dire que mon prof de lettres d'alors m'a vraiment fait découvrir et aimer la littérature). Des textes brefs et ciselés, en parfaite opposition à Céline et Flaubert, mais s'inscrivant pourtant dans la droite ligne des grands écrivains à la française...

- Georges Bernanos. Journal d'un curé de campagne est l'un des rares livres que je relirai encore et toujours avec un immense plaisir. En revanche, je garde un souvenir plus mitigé de Sous le soleil de Satan, mais ce doit être parce qu'il est plus narratif...

- Marie Noël. Je garde un souvenir ému aux larmes de son poème mis en musique par les frères Martineau, qui éveille toujours autant de douleurs familiales. Mais de manière générale, l'ensemble de son oeuvre résonne de manière très particulière dans ma vie de femme et de chrétienne, je ne pouvais donc pas ne pas la citer.

- Jane Austen. J'aurais mis le temps, mais celle qui m'apparaissait, avant que je ne la connaisse, comme un auteur féminin "de bas étage" (j'imaginais de grandes histoires romantiques à l'eau de rose... il faut dire que les titres comme Raison et sentiments sont trompeurs...), a fini par me dévoiler ses charmes. Son ironie mordante, sa grande finesse d'analyse des caractères, sa grande justesse sur la complexité des sentiments et le ridicule qui s'y attache parfois... j'ai dévoré l'intégrale en Pléiade et en anglais, et je m'y replonge avec délices dès que j'ai besoin d'un petit remontant !

- Wilhelm Roux. Un biologiste allemand contemporain de Darwin, à l'origine d'une expérience de traduction assez cuisante, mais aussi d'une lecture rébarbative de prime abord qui a gagné en intérêt au fur et à mesure de l'avancée de la traduction. Je n'irais pas jusqu'à dire que je me précipiterai sur ses autres écrits, mais c'est sûr, ça marque.

- Marceline Desbordes-Valmore. Un peu comme Marie Noël, ses écrits m'ont touchée au moment où je traversais des questions qui y trouvaient une résonance particulière. 

- Philippe Delerm. Une découverte due aux blogs. Et un véritable régal que cette plume capable de croquer avec finesse et délicatesse les petits instants du quotidien. La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, bien évidemment, mais aussi Ma grand-mère avait les mêmes. En attendant d'autres.

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Et vous, votre Top XV ?

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 20:27

Je ne me suis jamais, du moins je ne crois pas, fixé de liste arbitraire de choses "à faire avant telle date" importante pour moi. Les délais que je m'impose, je n'arrive presque jamais à les respecter et je suis une grande adepte de la procrastination. Mais il y a des choses que je rêve de faire "un jour", non pas "avant mes 30 ans" ou mes 40 ou autre décennie, mais tout simplement "un jour". Avant ma mort, donc. Parmi ces choses, il y en a une qui me tenait particulièrement à coeur. C'était d'aller voir, en concert, une symphonie que j'apprécie énormément, et qui est peut-être mon oeuvre de musique classique préférée. Parce qu'elle est quasiment unique en son genre, associant un orgue, un piano et un orchestre. Parce qu'elle a été écrite par un compositeur dont j'aime tout particulièrement l'esprit farceur et les nombreux pastiches qui se cachent dans ses oeuvres. Parce que c'est une oeuvre magnifique, tout simplement, en toute objectivité. Cette symphonie, c'est la troisième de Camille Saint-Saëns.

Saint-Saëns, pour moi, c'est un peu le grand-père blagueur qu'on aimerait tous avoir. Celui qui n'arrive pas à gronder sans avoir le regard qui pétille. Celui qui en impose avec sa barbe grise et son embonpoint mais qui n'hésite pas à construire des cabanes avec ses petits-enfants. Ce n'est sans doute pas un génie, au sens où il n'a jamais révolutionné la musique de son temps (bien moins que Ravel ou Debussy pour ne citer que deux contemporains français), mais ses oeuvres sont toujours guillerettes, légères et parfois faussement solennelles, comme s'il prenait la vie comme un jeu. Et c'est un état d'esprit qui me plaît.

Sachant que cette troisième symphonie était une oeuvre que l'on ne jouait pas souvent en concert, ne serait-ce que parce que le nombre de salles possédant un orchestre et pouvant accueillir un orchestre symphonique de la fin du XIXe est assez réduit, je guettais plus ou moins attentivement les programmes des salles de concert parisiennes pour espérer tomber sur la perle rare. Et voilà qu'une visite de la salle Pleyel lors des Journées du patrimoine a tout déclenché : cette oeuvre était prévue au programme. Inutile de préciser que je me suis précipitée sur le site pour acheter des places. Et que dès septembre, je connaissais donc une activité de mon mois de mai : ce concert.

Si au cours des derniers mois, l'enthousiasme était quelque peu tombé avec la perspective de ce concert dans les tréfonds de ma mémoire, hier soir, l'ambiance était électrique. Heureusement que je n'étais pas directement dans le champ des caméras car elles auraient pu s'en donner à coeur joie avec mon sourire béat et mes yeux écarquillés. Et mes doigts qui jouaient des bouts de la partition, et mes grimaces aux (légers !) décalages de rythme par rapport à la version que je connais par coeur. Hier soir, je suis redevenue une petite fille. Hier soir, je suis partie hors du temps. Hier soir, je me suis rendu compte que je pouvais mourir heureuse : je n'ai pas de liste de choses à accomplir avant de mourir, mais j'en ai quand même accompli une, de chose qui me tenait à coeur.

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Le concert est visible ici jusqu'au 18 août, profitez-en vous aussi !

 

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 19:26

Ce n'est pas une bonne résolution à proprement parler, mais c'est un idéal vers lequel j'essaie de tendre. Celui d'avoir lu tous les livres de ma bibliothèque avant d'en acheter de nouveaux.

J'étais en bonne voie depuis ma crise de folie "voyages" , mais les parents s'obstinent à me mettre des bâtons dans les roues en m'offrant ou en me prêtant à leur tour des livres alléchants...

Dernier en date : Métronome, de Lorant Deutsch.

Une histoire de Paris en 20 stations de métro et autant de siècles où alternent petites anecdotes méconnues (rien que les noms des femmes de Dagobert valent le coup d'oeil), mises au point historiques et découvertes dans le temps présent des traces de ce riche passé. Très agréable à lire, c'est le livre parfait pour les amateurs d'Histoire qui apprécient aussi Paris et ses multiples recoins.

Metronome-LD.jpg

Sinon, j'ai fini (enfin) Un chemin de promesses, que j'avais mis de côté pour pouvoir le dévorer d'une traite. Je n'en dirai que deux mots, soufflés par un ami : c'est beau et bon.

un chemin de promesses

J'ai mis plus de temps, mais c'est parce que je le dégustais : La Montagne de l'âme, de Gao Xingjian. Un roman très particulier, qui fait voyager dans toute la Chine à la fois par les lieux évoqués mais aussi par les ambiances, par les habitudes évoquées, par les épisodes historiques vécus ou légendés... Pour les amateurs de littérature ciselée !

la montagne de l'âme

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 12:53

Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir
et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns.
Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer
et d'oublier ce qu'il faut oublier.
Je vous souhaite des passions.
Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil
et des rires d'enfants.
Je vous souhaite de résister à l'enlisement , à l'indifférence
aux vertus négatives de notre époque.
Je vous souhaite surtout d'être vous.

Jacques Brel

En cette période de voeux et de prise de nouvelles, je vous souhaite surtout d'avoir la simplicité qu'il faut pour savoir profiter des beaux moments et la force nécessaire pour surmonter les moins bons, parce que c'est ce qui fait une année globalement heureuse.

Et pour accompagner ce temps de Noël finissant, un magnifique cantique découvert en apothéose d'une journée riche en petits "clins Dieu" me renvoyant au véritable sens de cette Nativité unique :


 

Pour sauver l'humanité, Jésus vient sur la Terre,
Il revêt d'humilité le plus touchant mystère.
A la crèche accourons tous :
Jésus est né pour nous !
L'auguste Enfant,
Si frêle et doux,
Sourit parmi ses larmes :
Ô sublimes charmes !


Il est Dieu : voici l'encens, dont le parfum L'adore.
La prière aux purs accents en s'exhalant L'implore.
Que nos voix avec transport
Proclament le Dieu fort !
Verbe éternel,
Ton seul effort
A fait jaillir les mondes
Et peuplé les ondes.


Il est Roi : de Son pouvoir, l'or sera l'emblème.
Mais que doux est le devoir : Il veut surtout qu'on L'aime.
Désormais, de notre cœur,
Reçois, Ô Dieu vainqueur,
Le tendre amour et la ferveur
Que ton amour réclame ;
Règne dans notre âme.


Doux Sauveur, Il souffrira : la mort pour nous L'attire
Mais Il ressuscitera : offrons, offrons la myrrhe.
Les célestes messagers
Appellent les bergers ;
Nous de présents
Les bras chargés
Portons l'hommage
Imitons les mages.

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 22:36

Je n'aimais pas particulièrement le titre. Peut-être parce que je l'ai trop vu avec une majuscule à "dieux", que je suis un peu une puriste de l'orthographe, et que mon métier n'arrange rien en la matière. Sans doute aussi parce que, croyant en un seul Dieu, comme je le répète chaque dimanche et même un peu plus, je peux difficilement mettre sur le même plan ce Dieu unique auquel je crois et les autres, fûssent-ils également uniques.

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J'appréhendais également malgré moi le traitement de cette histoire de martyre qui m'a marquée lorsque j'étais enfant, doutant de trouver dans ce film réalisé par un non-croyant la profondeur de la foi et la solidité de l'engagement que je m'imaginais, venant de la part de moines cisterciens.

Mais de nombreuses critiques plus ou moins élogieuses ont vaincu mes appréhensions, et me voilà, par un beau soir de fin d'été, au cinéma.

Pour cinq premières minutes d'inquiétude, encore, sur les intentions du réalisateur, notamment devant ces moines qui répondent Amen aux prières de l'imam (décidément, je n'aime pas les mélanges de genres).

Puis pour deux heures à découvrir ces scènes de vie quotidienne entrecoupées de chants simples qui rythment la journée et les saisons. Deux heures à suivre l'itinéraire de chacun de ces moines, à entendre leurs questions faire écho aux miennes, à rire, gronder et pleurer avec eux. Deux heures à apprécier des images épurées qui ne trichent pas. Deux heures à admirer l'humanité de ces hommes et leur proximité avec le Dieu auquel ils ont confié leur vie. Deux heures à se laisser porter, tout simplement.

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Il est des oeuvres, même profanes, qui élèvent l'âme. Ce film en fait partie, indubitablement.

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