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Les femmes, je le sais, ne doivent pas écrire ;

J'écris pourtant...

Marceline Desbordes Valmore, Une lettre de femme, 1860

On a écrit à la fourmi...

En guise d'hommage aux Piles intermédiaires, qui recense au gré de ses lectures les citations cinéphiles, voici un extrait d'un roman lu récemment (l'un de ceux qui ont inspiré le film Master and Commander pour faire court), où l'on parle de traduction et du métier de traducteur. Une véritable pépite, qui trahit sans doute quelque peu l'expérience de son auteur...

***

"J'étais un homme de lettres. Nous étions assez nombreux - non pas élevés pour les affaires ou pour exercer un métier, mais dotés de quelque éducation et d'assez d'argent pour s'offrir des plumes et une main de papier -, qui commencions à écrire et à nous installer dans cette partie de la ville. (...) Certains avaient un peu d'originalité - je crois que pour ma part, au début, j'avais une vraie disposition pour les vers - mais nous étions sur les versants inférieurs de l'Hélicon, monsieur, le genre d'auteurs qui écrivent un Guide universel pour attraper les rats vivants ou La Naissance malheureuse, la vie malfaisante et la fin misérable de Judas Iscariote, l'Apôtre fourbe. Et des opuscules, naturellement : Réflexions sur la crise actuelle, par un aristocrate, ou bien Nouvelle Méthode pour consolider la dette nationale. Pour ma part, je m'occupais de traductions, pour le compte des libraires.

- De quelle langue ?

- Oh, de toutes les langues, monsieur. Si c'était oriental, ou classique, il y avait toujours un Français qui était passé avant nous. Quant à l'italien et l'espagnol, je parvenais généralement à les déchiffrer. Le haut-flamand aussi. J'étais assez compétent en haut-flamand, à l'époque où j'avais parcouru Elegant Diversions de Fleischhacker et Nearest Way to Heaven de Strumpff. Dans l'ensemble, je m'en sortais assez bien. Il m'arrivait rarement d'avoir faim ou de me trouver sans logement, car j'étais propre, sobre, ponctuel et, je vous l'ai dit, pas fainéant. Je respectais toujours les délais qu'on m'imposait, les imprimeurs comprenaient mon écriture, et je corrigeais mes épreuves dès qu'elles me parvenaient. Mais il arriva qu'un libraire, un certain... chut, je ne peux pas citer de noms... M. G. me fit venir et me proposa de traduire Les Mers du Sud de Boursicot. J'étais très heureux d'accepter, car les affaires étaient plutôt calmes. Je vivais depuis un mois sur Le Cas des druides considéré d'un point de vue impartial, un petit texte publié dans le Ladies' Repository, et les druides ne me permettaient pas de m'offrir autre chose que du pain et du lait. Nous nous sommes mis d'accord pour une demi-guinée la page. Je n'ai pas osé exiger plus, bien que ce fût imprimé en petits caractères, et toutes les notes en perle.

- Qu'est-ce que cela signifiait, en revenu hebdomadaire ?

- Eh bien, monsieur, en tenant compte des passages plus difficiles, et en travaillant douze heures par jour, cela pouvait faire jusqu'à vingt-cinq
shillings ! J'étais ravi, vous le pensez bien : à l'exception de l'abbé Prévost, Boursicot est l'auteur français de récits de voyage le plus prolifique que je connaisse. C'était d'ailleurs le travail le plus long qu'on m'ait jamais proposé. J'ai pensé que cela m'assurerait pour longtemps un revenu régulier. Mon crédit était bon, alors j'ai déménagé - j'ai pris la chambre avec deux fenêtres en façade, une belle pièce pour la lumière. J'ai acheté du matériel, et plusieurs livres dont je pouvais avoir besoin, y compris des dictionnaires très coûteux.

- Vous aviez besoin d'un dictionnaire pour le français ?

- Non, monsieur. J'en avais un. Il s'agissait du Naval Expositor de Blanckley, et des livres de Du Hamel, Aubin et Savérien, dont j'avais besoin pour comprendre les mots difficiles relatifs aux naufrages et aux manoeuvres, et pour connaître les occupations des voyageurs. Je trouve qu'il est indispensable, pour traduire, de bien comprendre le texte, monsieur. J'ai toujours préféré cela. J'ai donc travaillé, dans ma jolie chambre, refusant deux ou trois propositions d'autres libraires, et mangeant deux fois par semaine dans une gargote... Jusqu'au jour où M. G. m'a envoyé un jeune homme pour m'informer qu'il avait réfléchi à mon projet de traduire Boursicot. Que ses associés trouvaient le coût de la gravure un peu élevé. Et qu'il n'y avait pas, vu la situation du marché, une demande suffisante pour un tel article. 

- Vous aviez un contrat ?

- Non, monsieur. C'était ce que les libraires appellent un gentleman's agreement.

- Aucun espoir, alors ?

- Absolument aucun, monsieur. J'ai essayé, bien entendu. On m'a claqué la porte au nez, pour ma peine. Il m'en a voulu de me rebeller contre ses mauvais traitements et il a répandu des histoires à mon sujet, dans la profession, prétendant que je devenais insolent... C'est la dernière chose qu'un libraire puisse tolérer chez un nègre. Il a même dit du mal d'une petite traduction anodine que j'avais faite pour la Literary Review. Personne ne me proposait plus de travail. Mes biens ont été saisis, et mes créanciers auraient fini par s'emparer de ma personne, si je n'avais été assez inspiré pour leur fausser compagnie."

Patrick O'Brian, Capitaine de vaisseau, Presses de la Cité, 1996
Traduction de Jean-Charles Provost, p. 176-178

***

Et puis j'ai oublié de vous en parler, mais Alex du blog de Mox a publié en décembre dernier le premier recueil des aventures traductologiques, linguistiques et quotidiennes de Mox ! Pour le commander, cliquez sur l'image, pour ma part je devrais le recevoir très bientôt, mais comme j'ai une entière confiance en son auteur, et que le gratin des blogs de traducteurs y a apporté sa contribution, je vous le recommande dès à présent ! 

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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 14:20
- Publié dans : Fourmi mélomane et littéraire
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Il était une fois un swap des couleurs, dont l'organisatrice avait démissionné bien avant les premiers envois. Le swap blanc était donc tombé à l'eau, et le swap vert était sur le point de suivre le même chemin lorsque l'une de mes binômes était petit à petit devenue une amie... et de fil en aiguille, la volonté de faire renaître ce swap de ses cendres mais avec moins de pression pour les délais s'était affirmée... et un jour, un joli colis était arrivé dans ma boîte aux lettres :

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Du coup, un colis prévu à la base pour quelqu'un qui ne donnait aucun signe de vie était parti dans l'autre sens... 

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... et un complément avait été offert en mains propres (et fini en papotant ensemble) lors d'une visite.

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Et c'est lors de ce même séjour champestre qu'il fut décidé de renouveler l'expérience, toujours sans pression aucune sur les délais, en choisissant une autre couleur. Ce serait le rouge, un rouge automnal à l'origine, qui pouvait se transformer si besoin était en rouge de Noël. 

Ce fut finalement le rouge de l'anniversaire. Et comme la destinataire l'a déjà reçu, un petit aperçu des surprises que contenait le colis... :

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- Quelque chose pour se faire belle

- Quelque chose qui se mange

- Quelque chose de fait main

- Une surprise !

 

Alors alors, qu'y avait-il dans le colis à votre avis ?

Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 23:31
- Publié dans : Travail de fourmi
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Treize ans moins deux jours : c'était mon âge quand elle est née.

Treize ans moins deux jours : c'est aujourd'hui le sien.

Treize ans pile poil : c'était mon âge quand je l'ai découverte pour la première fois, toute minuscule dans mes bras.

Treize ans pile poil : ce sera son âge lorsqu'elle s'avancera devant l'évêque du diocèse de son école et qu'elle recevra le sacrement de la confirmation, ma main sur son épaule.

Elle, c'est C. Je vous ai parlé d'elle ici, ici ou encore ici. Aujourd'hui, il est temps d'avancer encore à ses côtés sur le chemin de la foi, sur le chemin de la vie. Aujourd'hui (techniquement, hier soir) commence sa retraite de confirmation, trois jours de préparation intense à ce dernier sacrement de l'initiation, et j'y participe. Et aujourd'hui, je me permets de nous confier toutes deux à vos prières. Pour que son chemin vers une foi adulte se déroule en douceur, et pour que je réussisse à l'accompagner sans la pousser et sans la perdre.

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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 10:09
- Publié dans : Fourmi à Bon Dieu
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Un joli chiffre tout rond pour vous souhaiter, enfin, une très belle nouvelle année.  Je vous la souhaite remplie de joie, de paix, et de grâces grandes et petites ! Et pour ma part, si en plus elle recèle de la musique, du rugby, des rencontres, des bidouilles, des retrouvailles, des vadrouilles, des leçons de vie... elle sera réussie. Comme j'ai déjà eu de tout cela en à peine quinze jours, tout est permis !

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En route pour 2012 !

Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 22:40
- Publié dans : Fourmi du soir espoir!
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Si je devais résumer en quelques mots ce que 2011 m'a apporté, je dirais sans hésiter l'apprentissage du renoncement. De tous types. Choix, abandon total, mise de côté temporaire, deuil, acceptation de la vérité... C'est quelque chose que je ne sais pas forcément toujours bien faire, et dont je connais pourtant la nécessité, pour l'avoir éprouvée parfois amèrement.

Renoncer à des sentiments non réciproques. Renoncer à un héritage familial et se contenter des souvenirs qui y sont attachés. Renoncer à avoir des genoux en bon état. Renoncer à aller aux JMJ. Renoncer à avoir une collègue compréhensive. Renoncer à être à la hauteur de certains de mes idéaux. Renoncer à certaines habitudes bien confortables. Renoncer à la tranquillité d'une période sans service. Renoncer à la fierté de n'avoir jamais failli. Renoncer à tant de souvenirs perdus à jamais pour cause de simple défaillance technique. Renoncer à mon orgueil, ou du moins à certains pans bien trop incrustés. Renoncer à l'amitié parfaite. Renoncer à mes besoins temporaires de solitude. Renoncer à la défaite honorable. Renoncer à la victoire méritée.

Evidemment, tous ces renoncements peuvent être perçus comme autant d'échecs, et plomber le bilan d'une année mi-figue, mi-raisin. Mais je peux aussi les dépasser, les surmonter, les transformer en acceptations qui, seules, ouvrent la voie vers la Miséricorde et la guérison. Et vers la meilleure des leçons de vie, qui assure que peu importe le nombre de chutes, tant que l'on persévère à se relever...

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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 23:56
- Publié dans : Fourmi du soir espoir!
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L'année 2011 aura été moins riche en vadrouilles à droite et à gauche que les précédentes. Il faut dire aussi que le budget voyages était moins conséquent cette année, et que certains projets, comme les JMJ en Espagne, sont tombés à l'eau. Cela dit, fidèle à ses habitudes, la fourmi n'est cependant pas restée immobile, et si vous avez déjà pu découvrir ici le voyage le plus marquant à tous points de vue, et ici ou ici deux régions dans lesquelles je me rends régulièrement, il me reste encore quelques petites choses à vous montrer qui trouveront parfaitement leur place dans cette rétrospective.

Un premier séjour d'une semaine fin mars à Munich, ville bavaroise désormais bien connue et ô combien appréciée, surtout en ce début de printemps où j'ai eu la chance de pouvoir profiter du soleil presque tous les jours :

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Le Viktualienmarkt et son arbre de mai

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Une semelle trop courte - Wittelsbacherplatz

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Wittelsbacherplatz ; le siège de Siemens au fond

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Le Hofgarten : galerie couverte

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Pause printanière dans le Hofgarten, sur fond de Theatinerkirche

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Les principales célébrités de Munich : la bière, la mairie et le bleu et blanc du drapeau bavarois !

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Le carillon de l'Hôtel de ville

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Et la Marienplatz (place de l'hôtel de ville donc)

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Les manifestants contre les centrales nucléaires

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L'une des portes de la vieille ville (Karlstor)

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Eh oui, les costumes traditionnels sont monnaie courante...

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Salle du Trône du château

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Eglise Saint Paul, que l'on voit si bien de la Theresienwiese qui accueille la Fête de la Bière

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Bavaria

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Maximilianeum

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Le Jardin anglais

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Schwabing, un quartier plutôt cosy...

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Quelques-unes des nombreuses statues et détails peints qui parsèment les bâtiments de la ville

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Et un aperçu des églises baroques bavaroises, tout en blanc et en or...
sauf la chapelle du Château transformée en salle de concert

Un weekend pascal familial en Vendée, chose rare et précieuse :

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Et oui, qui dit retrouvailles en famille dit rugby...

Un court séjour en Corrèze ensuite, dans une famille joyeuse, afin de me remettre de mes émotions de pèlerine et de partager un temps précieux d'amitié :

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Une petite virée toulousaine pour un baptême et un peu de temps avec celle que je ne crains plus d'appeler ma meilleure amie :

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Une bonne semaine entre amis entre Drôme et Ardèche, avec une pause à Ars à l'aller :

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Basilique d'Ars - détail

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En passant sous cette arche, on passe le 45e parallèle

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Promenade dans le Vercors

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Rando autour du Grand Veymont

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A l'assaut du Grand Veymont !

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Souvenir des résistants du maquis

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2341 m d'altitude, on y est !

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Rencontre avec la faune et la flore du Vercors

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Changement de décor pour les rivières d'Ardèche et leurs ruines romaines

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Une visite à Fontainebleau, mais sans photos malheureusement ;

Et enfin, un rapide passage à Châteaudun pour en visiter rapidement le château avant de ne plus y avoir de pied à terre :

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Et pour 2012, le Grand Nord (bon, d'accord, la campagne coursetoise) et Lyon sont déjà au programme, la suite du Camino et New York (yeah baby) sont en réflexion, et pourquoi pas aussi Nantes, Vannes, Dijon, Bordeaux, les Charentes... l'avenir nous le dira !

Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 23:12
- Publié dans : Des fourmis dans les jambes
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Vous l'aurez compris ici ou ici, mes lectures de ces derniers temps tournent beaucoup autour de l'Asie et des voyages... et c'est encore mieux quand je peux combiner les deux !

Lus dernièrement, donc :

- La Mère, de Pearl Buck

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Je vous ai déjà dit que j'aimais Pearl Buck et la Chine ? :) Intéressant récit que cette histoire d'une paysanne qui voit son mari l'abandonner et qui se démène pour continuer à vivre et à élever leurs enfants, le tout dans un contexte de montée du communisme qui vient s'opposer aux coutumes traditionnelles et au rythme de la vie telle qu'elle la connaît. Et comme toujours chez Pearl Buck, aucun besoin de connaître quoi que ce soit à la Chine pour rentrer dans l'histoire et apprécier !

- Le Club Jane Austen, de Karen Joy Fowler

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L'histoire d'un club de lecture comprenant cinq femmes et un homme, qui décident de lire l'oeuvre de Jane Austen. Décevant. J'espérais retrouver d'une certaine manière l'ironie de Jane Austen, de vraies parallèles avec ses livres, et au final je n'ai lu qu'un roman américain assez convenu qui associe plusieurs histoires de femmes en crise, un peu comme Les divins secrets des petites Ya-Ya, alors que j'attendais plutôt The Hours, ou comme les comédies romantiques chorales sans originalité.  La seule citation qui m'ait plu : "N'est-ce pas Kipling qui a dit : "Quand tout va mal, rien ne vaut Jane Austen"? Ou quelque chose comme ça."

Baden Powell, de Philippe Maxence

Une biographie particulièrement complète et instructive ; l'occasion d'aller au-delà de la figure mythique du fondateur du scoutisme et du héros de Mafeking auquel on se limite bien souvent. Et une citation assez rigolote que je vous partagerai en temps voulu. A lire pour les amateurs d'histoire militaire, d'histoire anglaise et/ou d'histoire du scoutisme !

- Testament à l'anglaise, de Jonathan Coe

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Pour le coup, on retrouve toute l'ironie des auteurs anglais les plus grands. Une enquête complexe sur fond de saga familiale touchant à la grande Histoire anglaise, dans une dynastie cachant bon nombre de squelettes dans ses placards ; de quoi dégoûter des familles nombreuses lorsque la jalousie et la division s'en mêlent... mais un roman particulièrement bien écrit (et bien traduit), et une belle manière de comprendre l'histoire anglaise contemporaine, de la Seconde guerre mondiale à Margaret Thatcher.

- Hong Kong et Macao, de Joseph Kessel

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Un coup de coeur pour cet autre récit de voyage. Je n'avais jusqu'ici lu que Le Lion, que j'avais beaucoup aimé. Et j'ai été ravie de retrouver la plume de Kessel pour ces impressions de voyage dans deux villes que j'ai moi aussi visitées, en long en large et en travers pour l'une d'elles, et beaucoup appréciées. Cela dit, je ne suis pas sûre de conseiller ce livre à quelqu'un qui ne connaîtrait pas au moins l'une de ces deux régions : en 50 ans, elles ont énormément changé, et si vous étiez amené à les visiter ensuite, vous risqueriez d'être considérablement déçu... mieux vaut sans doute voir la ville moderne avant de se plonger dans la nostalgie du passé !

- Voyage d'une Parisienne à Lhassa, d'Alexandra David-Néel.

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Le rêve : un récit de voyage, et en Chine ! Et effectué par une femme de surcroît : sans être une adepte du féminisme, j'apprécie quand quelqu'un parvient à réaliser ses rêves... C'est Ivre de Chine, dont je vous parlais ici, un autre récit de voyage haut en couleurs quoique bien plus récent, qui m'a donné envie de le lire. Et je n'ai pas été déçue ! Suspense, découvertes culturelles, rebondissements dignes des meilleurs romans, sans oublier un soupçon de fantastique bienvenu en terre bouddhiste, c'est une véritable aventure que cette femme admirable à plusieurs points de vue a eu la chance de vivre ! Faisant preuve de beaucoup de respect sans compromission pour autant, c'est un livre véritablement fascinant.

- En avant, route !, d'Alix de Saint-André.

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Retour à l'Europe pour celui-ci. Je ne regrette pas une seconde d'avoir attendu de m'être lancée à mon tour sur les pas des jacquaires pour lire ce récit de trois voyages vers Saint-Jacques. On y retrouve l'ambiance du Camino, les questions qui poussent à y partir, les douleurs et les rencontres qui en font tout le sel. Sans doute peu original, mais indubitablement authentique, n'est-ce pas ce que l'on attend de ce genre de récit ?

Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 23:34
- Publié dans : Fourmi mélomane et littéraire
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Avant de vous souhaiter le meilleur pour cette nouvelle année, je vais tenter d'écluser tout ce que j'avais à partager en 2011 afin de tourner la page et d'entamer 2012 du meilleur pied !

Commençons par la couture donc. Peu de réalisations au final, mais pour une fois des cadeaux de naissance pas en retard... 

Une petite panière réversible d'abord, l'occasion d'apprendre avec Cécile (encore un immense merci, un an plus tard !) à réaliser une couture invisible... 

 

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La fameuse robe commencée il y a belle lurette et enfin finie (toujours avec l'aide de Cécile, comme le verront dans les détails les connaisseuses...) pour pouvoir l'offrir à la petite fille toute neuve de ma meilleure amie. Une robe IPB donc, en simili Liberty.

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Et pour le baptême de ladite merveille, il fallait une tenue de circonstance... quoi de mieux que du bleu et une touche de Liberty ? (photo non repassée pour cause d'après lavage et d'avant décousage du bas pour en faire une tunique afin de rattraper une tache indélébile... ballot hein ?)

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Et dernière réalisation avant le rush professionnel de ces derniers mois ;
un autre cadeau de naissance, pour une amie tout aussi chère,
mais cette fois pour un petit garçon.
Une barboteuse IPB donc, rendue moins bouffante en ajoutant un élastique de chaque côté au niveau des jambes. 


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Et parce qu'il n'y a pas eu que de la couture, déménagement impliquant nouveaux meubles et nouvelle déco, combiné à un léger ras-le-bol du tout blanc, un peu de peinture et de découverte des joies de la patine :

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Les projets pour 2012 ne manquent pas, comme l'indique la pelote de laine ci-dessus... mais vu que j'en suis à mon troisième redémarrage pour le bonnet que cette pelote est censée devenir, je ne garantis pas la livraison dans les 12 mois à venir...

Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 19:51
- Publié dans : Travail de fourmi
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*Tous les ans...
nous fêtons cette naissance unique,
ce Tout-Puissant fait tout petit enfant, 
cet Agneau parmi les agneaux...
Comme tous les ans, j'ai fini mon gros projet professionnel annuel sur les chapeaux de roue
Et je m'apprête à rejoindre ma famille
Pour retrouver la joie et la paix de cette Nuit.
La joie d'être ensemble
La paix qui nous unit
La joie d'une naissance
La paix d'une famille
La joie de savoir qu'un Sauveur nous est né
La paix qu'il apporte à qui veut bien l'accueillir.

Très joyeux, paisible, heureux et Saint Noël à tous !

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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 00:33
- Publié dans : Fourmi à Bon Dieu
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Je vous avais promis il y a bien longtemps un nouveau témoignage sur les brimades dont j'ai été la victime de la part de mes parents. Or voici que la Reine de l'Iode nous demande quelles sont nos habitudes quant à la légende du Père Noël : doit-on s'aligner sur la majorité et y faire croire nos enfants ou non ? Pour ma part, ce choix n'est pas encore à faire ; en revanche il a été fait il y a bien longtemps par mes parents, et la réponse était : pas de père Noël à la maison, sauf dans les livres...

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Vous imaginez bien évidemment les remarques extérieures : pas tellement de mes grands-parents maternels, pour qui la chose était entendue ; ni de mes grands-parents paternels, qui avaient bien compris qu'ils n'auraient pas leur mot à dire, mais bel et bien de la part de personnes totalement étrangères à cette décision.

Mais peu importent les importuns, ce qui compte, c'est comment je l'ai vécu. Vous l'aurez compris, très bien. Il faut dire aussi que pour nous, pour notre cellule familiale de base en tout cas, fêter Noël, c'est commémorer la naissance et donc l'incarnation de Jésus. Point barre. En aucun cas un événement dont il faudrait "préserver la magie", puisque de magie il n'y a point. En revanche, l'ambiance festive est importante. Alors oui, préparer sa maison tout comme on prépare son coeur, installer la crèche pour matérialiser l'attente, décorer le sapin et la couronne de l'Avent tout comme on prépare une jolie décoration lorsqu'on invite quelqu'un, offrir des cadeaux aux personnes que l'on aime pour leur montrer cet amour... toutes ces traditions, nous les reprenons à notre compte, en complément des Messes. Mais parce qu'elles ont un sens. Le père Noël n'en a pas pour nous. Tout comme un calendrier de l'Avent qui ne commencerait que le 1er décembre d'ailleurs... (donc chez nous, calendrier estampillé catho ou fait maison). Ce n'est pas une question de "mensonge", car je pense que les légendes et les mythes ont leur importance dans la construction de la personnalité d'un enfant, mais autant les cloches qui reviennent de Rome avec du chocolat sont en adéquation avec la manière dont nous vivons Pâques, autant le père Noël ne l'est pas avec celle dont nous vivons Noël. Pour le côté commercial mais aussi pour l'importance qu'il prend au coeur de la fête. Et ça, je reste persuadée que les enfants le sentent bien, dès tous petits.

Bien sûr, il est impossible d'échapper aux multiples avatars du père Noël tout au long de cette période. Maman a donc toujours été claire sur le sujet : le père Noël, c'est un personnage de légende, dérivé de Saint Nicolas, héros de multiples histoires parfois très différentes les unes des autres (vous ne vous êtes jamais demandé comment un enfant pouvait accepter de lire dans un livre que le père Noël avait une multitude de lutins pour l'aider ; dans d'autres il cohabite avec une sorcière dans une petite cabane au milieu de la forêt, et dans d'autres encore il habite un immense palais de glace ?). Elle ne nous a donc jamais empêchés d'y croire, mais il ne faisait pas partie de notre manière de fêter Noël. Et comment expliquer son intrusion dans une fête chrétienne ? Rien de plus simple : une pâle copie de Saint Nicolas.

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(dans mes souvenirs, le sous-titre proclamait même
La véritable histoire du Père Noël)

Et les cadeaux dans tout ça ? Offerts par les grands-parents et les parents. Que l'on apprend ainsi aussi à remercier, tout simplement.

Pour en revenir aux importuns : leur principale crainte est bien souvent de deux ordres : que l'enfant perde en imaginaire et en "magie", et qu'il empêche les autres enfants qui y croient de profiter de cette légende. A mon humble avis, ces craintes sont plutôt infondées. Pour l'imaginaire et l'ambiance de Noël, rien que l'histoire de la naissance de Jésus est assez extraordinaire (une naissance dans une mangeoire, des anges qui chantent gloire à Dieu, de l'or, de l'encens et de la myrrhe (tryptique qui sonne bien souvent comme une formule magique aux oreilles enfantines), et j'en passe) ; en ce qui concerne l'ambiance, les chants et les décorations de Noël sont sans doute bien suffisants. Quant à trahir le "secret" auprès des autres enfants, il faut déjà que l'enfant soit assez grand pour comprendre que d'autres vivent Noël différemment, et que les enfants en parlent entre eux. Et j'ai bien peur que, quand ils commencent à en parler, c'est que certains ont déjà des doutes... A mon sens, si les choses sont bien claires pour les parents, elles seront expliquées clairement aux enfants, qui sont tout à fait à même de comprendre que d'autres croient en quelque chose d'inexistant. Mais que le leur dire risque de leur faire de la peine. Pour ma part en tout cas, je n'ai pas souvenir que ni moi, ni aucun de mes frères et soeurs n'ait provoqué de drame autour de nous... et le seul "mauvais souvenir" que j'aurais à ce sujet serait plutôt d'avoir dû affronter les remarques, au collège, de ceux qui ne comprenaient pas pourquoi mes soeurs ne croyaient pas au père Noël. Et qui devaient en fait, quelque part, regretter d'avoir perdu leur innocence enfantine puisque cela coïncidait bien souvent avec la prise de conscience des problèmes familiaux qui rejaillissent à ces périodes.

Justement, peut-être par contrecoup, j'aurais plutôt tendance à blâmer ceux qui surenchérissent sur l'existence du père Noël (maîtresses, autres parents, etc.). Après tout, on nous empêche bien souvent d'évoquer le moindre élément de notre foi au nom du sacro-saint laïcisme, quand bien même il s'agit d'expliquer dans un musée qui est le monsieur sur la croix ; pourquoi serions-nous obligés de croire au Père Noël ? Et de nous sentir mal à l'aise de ne pas faire comme la majorité ?

Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 23:38
- Publié dans : Pattes de fourmi
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