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  • : Quelques échos de ma petite vie, de mes loisirs, de mes goûts, de mes réflexions, etc.
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Le Profil De La Fourmi

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En direct de la fourmilière!

Les femmes, je le sais, ne doivent pas écrire ;

J'écris pourtant...

Marceline Desbordes Valmore, Une lettre de femme, 1860

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 21:25

Rappel du principe, emprunté aux Piles intermédiaires : je me retrouve atteinte par mon métier au point de repérer désormais dans mes lectures les mentions qui en sont faites ou les situations qui s'en rapprochent. Pour cette troisième citation, abandonnons Jack Aubrey et intéressons-nous à un livre dont je vous ai parlé ici :

"Un gradé quelconque que la guerre avait transformé en homme important était venu en repérage. Il cherchait à réquisitionner des bâtiments dans le village, et avait sans surprise pensé au plus grand d'entre tous, le sanctuaire. Dans la grande salle derrière l'entrée, sous les arcades décrépies, le militaire escorté qui s'était invité sans prévenir demanda à rencontrer le père supérieur qui arriva sans tarder. Malgré sa volonté de temporiser, ce dernier constata très vite un problème incongru en la circonstance : ils se comprenaient mal, et dans la tension ambiante la catastrophe guettait derrière le moindre mot compris de travers. C'est alors qu'un des religieux se souvint que deux des Chinois confinés, marchands prospères à Milan avant leur arrivée, connaissaient plusieurs langues. On les fit venir à la hâte, et ils confirmèrent qu'ils avaient des rudiments d'allemand. Alors, sous les arcades décrépies de la salle d'un couvent des Abruzzes, deux Chinois servirent d'interprètes entre des religieux italiens et un officier de la Wehrmacht. Dans le silence qui caressait les murs épais, l'officier détachait ses questions et devait s'y résoudre : c'étaient bien deux Chinois paniqués qui, devant lui, se concertaient pour retransmettre le message et la réponse en sens inverse. Deux hommes frêles, saisis par cette figure qui devant eux donnait chair aux causes de leur confinement, cet homme-guerre massif, lointain, et pourtant si présent dans cette pièce comme un pilier suppplémentaire, soumis à leurs allers-retours, à la fièvre dans leurs regards, aux tremblements de leurs lèvres. L'homme-guerre parlait réquisition, délais, surfaces disponibles, cela passait dans un monde chinois, au travers des souffrances, des silences, des souvenirs. En sortaient quelques mots en italien qui se déposaient devant les pères, d'autres repartaient alors. Trois grammaires se jaugeaient, flottantes et épuisant l'espace, trois mondes logiques, trois structures de signes qui disaient la puissance ou la dépendance sous des rapports différents que ceux qui se donnaient à voir sur les galons de l'Allemand ou la robe des pères. Le monde chinois était la jonction, un invraisemblable détour qui éclairait d'une ironie ravageuse le mythe qu'était la solidarité germano-italienne. Ce monde obscur et lointain que les deux autres dévisageaient, cette instance mystérieuse était pourtant leur clé. Elle se dilatait puis se densifiait, selon que l'incompréhension apparaissait, résistait aux efforts, gagnait, ruinait le fantasme d'un monde immédiat et allemand, cette négociation se hérissait de montagnes, de cols, de pentes à gravir, de ravins à franchir, une langue alpiniste, là où l'officier allemand pensait être juste entré pour ordonner et se faire obéir. Il y avait le Sasso dehors, un orage de mi-septembre, et des montagnes dans cette pièce-même. La panique le saisit. Le sentiment d'une solitude que nulle violence n'eût su réduire, les montagnes de mots vibraient et s'imposaient à lui, l'orage approchait, rien n'était plus comme il l'avait décidé. Et pourtant, les Chinois tremblants restaient des Chinois tremblants. L'officier n'en put vite plus, de ces frêles montagnes, de cette situation insolite, de cette dépendance. Il se leva. Il sourit vainement pour donner une forme acceptable à la débâcle, tenta de faire illusion en prétendant que tout était donc réglé et partit en ayant soin de prévenir qu'il reviendrait pour les derniers détails. Il emporta avec lui les minces informations locales qu'il avait extirpées du tamis des trois mondes. De fait, quelques généralités sur la situation dans la zone. Il se les repassa en mémoire en sortant. En un mot, elles étaient indigentes. Quelque chose avait tenu bon. Il ne revint pas."

Thomas Heams-Ogus, Cent seize Chinois et quelques,
Points-Seuil, 2010, p. 101-104

23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 22:02

Et pour finir sur New York, quelques souvenirs un peu plus personnels,
des détails que j'affectionne tant...

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Il a le mérite d'être honnête, non ?

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Ils sont connus ces ouvriers du Rockefeller Center.
Les croiser au détour d'une rue laisse cependant une drôle d'impression...

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Admirez la précision de la capacité des salles (MoMA)

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On trouve ces écriteaux dans toutes les toilettes de lieux publics.
Marrant, quoiqu'assez infantilisant...

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Souvenir de la Guerre froide

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"Stationnement interdit. La fête est finie."
(au détour de Gay Street)

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"Arrêtez de prier... Dieu est trop occupé pour vous trouver une place de stationnement..." (pas très juste théologiquement parlant, mais rigolo)

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N'était l'iPhone au premier plan,
on se croirait quelques décennies en arrière, non ?

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Consignes de sécurité du métro.
En substance, ne tirez jamais le signal d'alarme.

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Service facile et rapide !

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Un parc pour chiens...
il faut bien leur permettre de se dégourdir les jambes à eux aussi !

20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 22:34

Avec beaucoup de retard, voici en quelques photos mes souvenirs de cette semaine printanière dans une mégapole unique en son genre. Ceux d'entre vous qui la connaissent verront que je l'ai beaucoup arpentée à pied, c'est la seule solution pour découvrir tous les aspects d'une telle ville et en profiter véritablement. Amateurs d'art, d'architecture, de pierres et de béton, de jardins, d'ambiances citadines variées, de shopping, de foules non agressives, de musique, de cinéma... venez à New York !

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Premier contact diurne avec New York :
des gratte-ciels, la Freedom Tower - pardon, 1WTC, un taxi jaune, des vendeurs ambulants de t-shirts I<3NY, des arbres en fleurs... tout y est !

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Battery Park, à la pointe sud de Manhattan,
où les monuments aux morts des différentes guerres
où les États-Unis ont été engagés se disputent la moindre pelouse.

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Monument hommage aux immigrants
qui arrivaient à New York par l'embouchure de l'Hudson
(le fleuve qui sépare Manhattan du New Jersey, à l'Est, et qui accueille la fameuse Liberty Island).

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Sur Liberty Island donc, accessible en ferry
(youpie ! N'était le vent glacial auquel j'ai eu droit...)

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Manhattan vu du ferry. La tour la plus haute, c'est la future Freedom Tower, rebaptisée One World Trade Center, qui est en voie de finalisation.
Et tout à droite, le pont de Brooklyn.

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Au centre de la photo, en tout petit à cause de la distance
alors qu'il est plus haut que tous les bâtiments de Manhattan excepté 1WTC, l'Empire State Building.

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Hommage à Gustave Eiffel, qui a créé la charpente de la statue...

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... et à Auguste Bartholdi, également français, qui a dessiné la statue elle-même. Petite mise en abyme...

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Ellis Island, passage obligé de tout immigrant de 1892 à 1954, accueille aujourd'hui un musée de l'immigration passionnant.

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Où l'on apprend que l'un des plus célèbres maires de New York, qui a donné son nom à l'un des aéroports de la ville, était interprète de métier...

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Émigrants ou immigrants,
l'image est éloquente de part et d'autre de l'Atlantique...

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The Sphere, sculpture qui se trouvait sur le World Trade Center et qui a été retrouvée parmi les décombres, à présent installée au nord de Battery Park.

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Trinity Church qui se dresse en face de l'entrée de... Wall Street :

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Le drapeau israélien, c'est parce que la personne qui a sonné la cloche d'ouverture de la journée, grand privilège échu chaque jour à une personnalité différente, était israélienne.

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Le site du World Trade Center. Au fond derrière les gens en gilet jaune, le mémorial avec les deux bassins à l'emplacement des deux tours ; sur la droite la 2e tour du futur complexe, la première étant...

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... One World Trade Center. Et juste devant, la troisième tour déjà en construction. Il en manque une quatrième et l'ensemble du site sera terminé.

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L'un des nombreux "melting pots" architecturaux qui frappent l'oeil :)
De g. à dr., chapelle Saint Paul, Beekman Tower de Frank Gehry et le 222 Broadway.

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Chapelle Saint Paul, devenue mémorial des attentats du 11 septembre.

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Dans le parc de l'hôtel de ville... ce sont de vraies flammes

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L'hôtel de ville donc, ou City Hall

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L'inévitable pont de Brooklyn

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Déjà plus impressionnant vu de ce côté-là de Manhattan,
l'Empire State Building, non ?

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Plus bruyant, sale, vétuste que le métro parisien... c'est possible !

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Depuis quelques années, New York a suivi l'exemple de Paris
et aménagé une voie de chemin de fer désaffectée en promenade plantée
qui circule en hauteur entre les immeubles : la fameuse High Line.
L'occasion de découvrir quelques curiosités architecturales de Chelsea :

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IAC Building, Frank Gehry

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L'Empire State et une oe uvre de Jean Nouvel

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Le Corbusier

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Meatpacking District, ou les boucheries transformées en galeries d'art...

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L'inévitable dog sitter

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West Village, ses maisons "Old Greek Style", ses arbres en fleurs et ses restaurants à la française

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Le point de rendez-vous des fans de Friends...

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Christopher Street et Sheridan Square

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Washington Square

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Quelques bâtiments de la célèbre NYU,
ou New York University, fondée en 1831

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En marchant vers SoHo...

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... et ses fameux cast-iron buildings, ancêtres des préfabriqués dont la structure et les éléments de façade sont en fonte

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On approche de Chinatown, l'ambiance change déjà...

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...et en quelques secondes, un flot de souvenirs remontent...

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...même si les détails trahissant New York restent bien présents.

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La voisine de Chinatown, Little Italy,
qui présente bien plus une allure de musée...

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Les Newyorkais n'ont pas peur que le ciel leur tombe sur la tête,
mais ils ont l'air traumatisés par les incendies :
outre les escaliers de secours que l'on voit partout, on croise aussi régulièrement ces immenses réservoirs d'eau sur le toit des immeubles.

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Times Square

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et le Theater District

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Un festival de couleurs, de lumière, de foule...

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La grande-roue du Toy'sRUs de Times Square

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Le contraste avec les immeubles de bureaux de la 6e Avenue

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Le Rockefeller Center

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Saint Patrick, la cathédrale catholique

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La 5e Avenue et ses boutiques de luxe,
ici Cartier (d'où le drapeau français)

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Visite au MoMA (Museum of Modern Art),
où même les brochures sont présentées avec goût

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Buren, of course

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Grimpette à Top of the Rock, c'est-à-dire au sommet du Rockefeller Center

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Vue sur l'Empire State et celle qui l'a détrôné, 1WTC

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Times Square vu de haut, et sa boule de lumière de la Saint Sylvestre

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Grand Central (la gare principale de Manhattan) et le Chrysler Building

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Vous reconnaissez forcément ces grands couloirs

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et ce hall au plafond étoilé...

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Une soirée à Broadway,
avec Cole Porter comme compositeur, une valeur sûre !
Retour garanti dans les années 1920...

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Et nouveau passage à Times Square, de nuit, où les lumières vives ressortent encore plus sur la fumée des systèmes de chauffage urbain...

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La statue au premier plan est celle du père Francis Duffy,
prêtre catholique et aumônier militaire le plus décoré de l'armée américaine

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Ça, c'est du burger...

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À New York, même le plafond du métro est nettoyé régulièrement...

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Central Park, entre Upper West et Upper East Side

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Les mamans joggeuses et leur coach

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Le Metropolitan Museum of Art, ou Met de son petit nom,
et ses imposants escaliers servant de trône à Blair Waldorf

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Une statue pour moi :
Vierge à l'enfant avec Sainte Anne (ma sainte patronne)
et Sainte Émérentienne (fêtée le jour de mon anniversaire)

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Collection Robert Lehmann : Saint Jérôme vu par El Greco

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Département américain (sans hésiter le plus intéressant !)
Hermon Atkins McNeil - The Sun Vow

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Vue panoramique de la terrasse du château de Versailles :
on s'y croirait, n'étaient les costumes début XIXe et l'urbanisation postérieure...

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Le fameux temple de Dendur, "sauvé de la destruction" au moment de la construction du barrage d'Assouan

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Jamais vu ça au Louvre...
mais je n'y suis sans doute jamais allée aux bons horaires !

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À deux pas, toujours dans l'Upper East Side, le fameux Guggenheim, puis en redescendant vers le Sud et Midtown entre la 5e et Madison Avenue :

DSCN0275The Funeral Chapel

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Le Whitney Museum of Art

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Bloomingdales

DSCN0281Le magasin Build a bear Workshop où l'on peut faire faire des peluches sur mesure (comme le raconte si bien Nitt)

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Le magasin American Girl où l'on peut choisir sa poupée parmi une bonne centaine de modèles, l'habiller, la faire coiffer, trouver les livres qui racontent son histoire, acheter les mêmes habits que les poupées pour leurs petites mamans... l'exemple parfait de la folie commerciale newyorkaise...

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L'App Store de la 5e Avenue

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Central Park, un peu plus au Sud, à proximité de Midtown

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Pour vous donner une idée des températures newyorkaise, fin mars...
la patinoire de Central Park était encore sortie...
Vive le Gulf Stream (même si cette thèse est apparemment contestée...) !

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Encore une illustration de la démesure des commerces newyorkais : F.A.O. Schwarz, à l'angle de la 5e Avenue et de Central Park...

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...et son piano géant !

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Passage incontournable pour une traductrice en goguette à New York :
le siège de l'ONU

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(et là, on a une pensée émue pour les kakis que l'on connaît
et qui partent dans le cadre de ces opérations...)

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Hélas, la boutique de timbres personnalisés était fermée
lorsque ma visite guidée s'est achevée...

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La salle du Conseil de sécurité

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Les cabines des interprètes (salut, presque confrères !)

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... et le matériel qui permet de les entendre

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La salle de l'Assemblée générale

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Les sièges des délégués français, quelque part devant (cocorico !)...
et au premier plan, parce que simple observateur, le Saint Siège !

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Voilà... l'endroit où je ne travaillerai jamais, parce que les Allemands ont eu l'idée saugrenue de perdre la Seconde Guerre mondiale... ou plus exactement, parce que l'allemand ne fait pas partie des langues officielles de l'ONU

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Le Chrysler Building, qui reste mon pref de pref

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Dans la série "on ne voit ça qu'à NY",
les fameux étals des cireurs de chaussures

DSCN0399La célèbre New York Public Library...

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...et juste derrière, Bryant Park

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L'Empire State Building, encore et toujours

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et la vue à son sommet, magique à la tombée de la nuit

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Et en haut, la passerelle pour dirigeable

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Macy's, "le plus grand magasin du monde" clame la publicité

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Visite au Guggenheim

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qui présente ses collections dans de petites salles parsemées le long d'une seule et longue galerie en colimaçon qui accueille une exposition temporaire

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Brooklyn Bridge en gris sur fond gris

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La Beekman Tower de Frank Gehry vue de l'autre côté

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Par temps couvert, les lumières de Times Square
n'attendent plus que le batsignal...

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Messe des Rameaux à la cathédrale de New York

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Ici, pas de buis, ni de laurier, ni d'olivier, mais de vraies palmes
avec lesquelles les fidèles confectionnent de petites croix

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La cathèdre du Cardinal Nolan

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Et le maître-autel tout décoré de palmes lui aussi

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Pour le déjeuner dominical,
un incontournable de la culture populaire newyorkaise...

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...Katz's Delicatessen ! Immortalisé dans Quand Harry rencontre Sally

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Et son célèbre sandwich au pastrami (le pouce à droite
vous donne idée de la monstruosité de ce sandwich)

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Promenade ensuite dans Lower East Side,
ancien quartier d'immigration juive
avec ses boutiques de pickles (légumes conservés dans du vinaigre, les cornichons n'en sont qu'un exemple)

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La seule synagogue romaniote des États-Unis,
avec un musée retraçant l'histoire de cette communauté

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Et enfin, Harlem et ses théâtres ayant accueilli
les plus grands artistes de jazz de la première moitié du XXe siècle,

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ses "brownstone houses",

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ses restaurants de soul food,

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ses églises à deux pas les unes des autres...

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Un parc pour chiens

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Et un dernier musée avec le National Museum of Natural History
et ses animaux à taille réelle : ici la baleine et deux dinosaures

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Quand est-ce qu'on y retourne ?

2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 21:16

Toujours comme les Piles intermédiaires, je me retrouve atteinte par mon métier au point de repérer désormais dans mes lectures les mentions qui en sont faites ou les situations qui s'en rapprochent. Après un premier exemple ici, voici donc un second extrait des aventures de Jack Aubrey où ce dernier s'essaie à la traduction avec plus ou moins de bonheur...

"-[Cette lettre] vient de l'homme d'affaires de Stephen, Mr Skinner. (Il lut en hochant la tête d'un air approbateur à chaque paragraphe.) Je suis très satisfait de lui. Un excellent homme d'affaires, la tête claire, et actif comme une abeille. Il porte la guerre dans leur camp, ces chiens infernaux : voilà ce que j'aime. Il dit qu'une citation duces tecum les contraindra à montrer le papier que j'ai signé, et mettra fin à cette incertitude ; et il a déjà lancé l'assignation. Duces tecum : voilà ce qu'il faut.
- Qu'est-ce que cela veut dire ? demanda Sophie.
- Je n'ai jamais été très bon en latin, dit Jack. Pas comme Philip Broke. Mais je me souviens de dux, un chef, un amiral pourrait-on dire, et le pluriel est duces. On pourrait donc traduire duces tecum par les amiraux sont avec toi, et je n'en demande pas plus. Excellent Mr Skinner."

Patrick O'Brian, La Citadelle de la Baltique, édition du Club France Loisirs, 1999
Traduction de Florence Herbulot, p. 136

 

Pauvre Jack, ses connaissances en latin sont effectivement défaillantes, et il confond le substantif dux avec le verbe ducere, qui veut dire conduire, mener, amener, apporter. En l'occurrence, la notion juridique de subpoena duces tecum signifie donc tout simplement qu'il faut "apporter [les preuves] avec soi". Je vous renvoie ici pour de plus amples explications.

31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 22:20

Et bien que la reprise après vacances ait déjà eu lieu depuis belle lurette pour ma part, la poursuite des weekends par monts et par vaux, qui a permis d'anticiper la belle saison et de la prolonger un peu (et ce n'est d'ailleurs pas encore fini !), m'a éloignée bien plus longtemps que prévu de ce blog. L'heure a sonné, non pas de déjeuner, mais de sortir des cartons quelques billets prévus de (très) longue date, des citations, des photos, des récits, bref, de quoi se réveiller de cette estivation ! (oui le mot existe, et oui il désigne bien l'hibernation estivale).

Quelques photos pour vous allécher...

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 13:38

Vous connaissez déjà celle-ci :

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Le Titien, Adam et Eve, vers 1550.
Huile sur toile. Museo del Prado, Madrid.

ou encore celle-ci :

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Pour ma part je pars, neuf ans après en avoir arpenté l'aéroport pendant de trop longues heures, découvrir celle-là :

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Et pour savoir ce qui lui a valu ce surnom...
on clique sur la photo pour arriver sur Wikipedia !

A très bientôt pour le récit et les photos !

20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 21:06

Depuis le dernier billet et ma virée lyonnaise, j'ai été pas mal accaparée par la vie réelle, le Tournoi des 6 nations et les préparatifs de la prochaine saison de mariages et de vadrouilles. Du coup, outre quelques brouillons de billets qui verront le jour quand la motivation pour les finir me reviendra, j'ai gardé une petite trace de mes dernières lectures, qu'il est temps de partager ici.

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- Je vous en ai parlé brièvement ici, en vous donnant un extrait savoureux du 2e tome : Maître à bord, Capitaine de vaisseau, La Surprise et Expédition à l'île Maurice sont les quatre premiers d'une série de vingt romans d'histoire maritime anglaise écrits par Patrick O'Brian. Si vous avez aimé Master and Commander, eh bien les livres qui ont inspiré le film sont encore meilleurs. Un peu ardus pour les néophytes du vocabulaire de marine au début, mais une fois qu'on arrive à dépasser le premier blocage et à distinguer à peu près les noms de voile des noms de mâts, vogue la galère ! Et pour ceux d'entre vous qui auraient peur d'offrir ces livres à un traducteur (on se demande bien pourquoi !), allez-y en toute confiance : la traduction française en question a été relue par l'auteur, lui-même traducteur anglophone... et si je ne m'abuse, les derniers tomes ont été traduits par une de mes profs de l'ESIT, référence illustre en traduction nautique... En revanche, évitez les adeptes de Napoléon (puisque l'intrigue se passe à l'époque de Nelson... et que ça tire donc sur les marins français à tous les coins de page) et les réfractaires à la marine à voile du XVIIIe siècle.

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- David Foenkinos, La Délicatesse : on m'en avait dit plus de mal que de bien : déroutant, étrange, neuneu... eh bien pour ma part j'ai beaucoup aimé. Certes, la construction qui alterne passages de récit et digressions plus ou moins annexes à l'intrigue, un peu à l'image des Fourmis de Bernard Werber, ne va pas de soi. Mais je n'ai pas trouvé cela particulièrement gênant ; au contraire cela apporte un certain recul ou un autre angle de vue par rapport à une écriture parfois trop omnisciente lorsqu'on s'attarde sur les personnages, leurs expériences, leurs ressentis. Et la bouffée d'espérance et de vérité portée par ces deux personnages que rien ne destinait l'un à l'autre est précieuse.

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- Edith Wharton, Eté : j'avais découvert au lycée Le Temps de l'innocence, puis plus récemment Les beaux mariages, et j'avais beaucoup aimé l'écriture d'Edith Wharton, à la croisée des chemins entre Jane Austen (oui, encore !) et F. S. Fitzgerald, pour son regard désabusé sur la bonne société newyorkaise de la Belle Epoque. Eté, quoique plus court, ne déroge pas à la règle : j'ai beaucoup aimé cette description de la découverte du sentiment amoureux qui culmine avec l'été, avant que l'héroïne ne fasse l'amer constat que ses aspirations à une vie indépendante des convenances se heurtent au nécessaire pragmatisme de la vie réelle. Une belle description de la désillusion du romantisme...

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- Joseph Fadelle, Le prix à payer. L'AED lançant une chaîne de prières pour les chrétiens connaissant le plus de difficultés à vivre leur foi, je m'étais dit que ce pouvait être une bonne idée de lire enfin ce témoignage à l'orée du Carême. Poignant. Pas tellement à cause de l'histoire de cet Irakien issu d'une grande famille musulmane et converti au Christ pendant son service militaire, mais bien plus pour ce à quoi cela me renvoie dans la pratique de ma propre foi. Que dire d'autre que l'on en sort avec une autre lecture de la dernière Béatitude (Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux !)... et que je suis encore plus convaincue de l'escroquerie intellectuelle du mot christianophobie utilisé à tout va pour la moindre brimade...

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- Hermann Hesse, Le Loup des steppes. Je l'avais commencé il y a plusieurs mois, sur les conseils d'une amie allemande, et m'étais arrêtée au bout de quelques dizaines de pages. La lecture était ardue (en VO, forcément), et la folie du personnage et de l'histoire trop déroutants. Et puis on m'a reparlé de Hermann Hesse (avec un bel accent franchouillard qui m'a laissée un peu perplexe au départ... je me demandais qui était ce "Hermanes" qui devait être un auteur hispanophone inconnu...) en très bien, donc je me suis remotivée... et je l'ai dévoré. Le personnage principal est touchant dans sa folie et dans sa prise de conscience de celle du monde qui l'entoure, et l'ambiance étrange de l'entre deux-guerres, où l'on espérait ne plus connaître de guerre tout en se dirigeant inéluctablement vers la Seconde, est tout à fait perceptible.

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- Thomas Heams-Ogus, Cent seize Chinois et quelques. Parce qu'il en parle mieux que moi, je vous dirige vers la recension de Pierre Assouline. Pan méconnu de l'histoire italienne, après les Juifs, les communistes et les Tziganes ont été enfermés en camps les Chinois immigrés en Italie. Alliance avec le Japon oblige. Ce petit livre (une centaine de pages) retrace leur histoire avec des mots extrêmement soigneux et délicats. J'ai beaucoup aimé. Et pas seulement parce que ça parlait de Chine et de campagne italienne.

un-jour.jpg- Nicholls, Un jour. L'idéal pour se reposer la tête après (et avant!) du Hesse et le précédent. L'originalité de cette histoire d'amour à base de "je t'aime mais je ne te le dirai pas" a déjà été commentée cent fois : le récit n'en présente qu'un jour par an, à la date anniversaire de leur premier rapprochement. La traduction n'est pas trop mauvaise et ça se laisse bien lire. J'ai apprécié aussi l'évolution des personnages au gré de leur âge et des changements que travers la société. Mais je suis contente de ne pas être allée voir le film.

youcat.jpg- Et parce que c'est le Carême, justement, une lecture plus spi... le célèbre Youcat distribué aux JMJ de Madrid ! Et je confirme que c'est ultra pratique et percutant. Pourtant j'aimais déjà bien la version "complète" que je n'hésitais pas à consulter, mais là il y a de quoi lire en piochant au hasard des articles, ou bien en lecture suivie, afin de se former pour connaître l'essentiel de notre foi. Ce qui est une obligation pour tout chrétien, comme cela nous est régulièrement rappelé.

9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 22:08

C'était une vadrouille envisagée depuis longtemps. Une virée lyonnaise pour que nos retrouvailles ne soient pas que parisiennes. Et une occasion de découvrir enfin la célèbre capitale des Gaules sous un joli visage hivernal.

Seul inconvénient lié à ce dernier mot, si je devais vous parler de mes souvenirs de visite, je tomberais vite dans une typologie zoologique des divers états de froid par lesquels je suis passée. Le froid de lion étant un néologisme possible. Laissons donc la place aux photos pour retracer ces quelque 36 heures entre Rhône et Saône, à se prendre pour les Six Compagnons de notre enfance :

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A la sortie de la gare, nos yeux encore endormis mais néanmoins émerveillés
découvrent cette splendide fontaine ayant la noble mission de nous rappeler à tous
que le beau est une notion subjective ((C) Bécassine.)

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Un ancien porche d'église qui conserve tout son mystère

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Bagheera se promène en ville (les Lyonnais semblent être fans de trompe-l'oeil...)

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Place des terreaux : fontaine Bartholdi...

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...qui témoigne de la réalité des températures glaciales qui y règnent.

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Musée des Beaux-Arts : ici, même les feuilles de la fontaine sont balayées proprement.

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C'est parti pour... la Croix-Rousse !

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C'est chouette de traverser un pont-levis (non levis, en fait, le pont) pour rentrer chez soi...

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Admirez les camaïeus d'ocre

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Cirque du martyre de Sainte Blandine

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Basilique de Fourvière, également connue semble-t-il sous le nom de "meringue".
Que dire alors de celle de Lisieux...

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Après l'effort, le réconfort... pendant que d'autres se gèlent à leur tour au Stade de France.

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Une fois réchauffées, on peut passer aux choses sérieuses,
autour d'une initiation aux postes tactiques au rugby à XV...

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...et ressortir en pleine heure bleue ! Croix-Rousse

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Vieux Lyon

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Cathédrale Saint-Jean

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Basilique de Fourvière

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Retour de jour à la place Saint-Jean

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son évêché historique

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Sa cathédrale/primatiale aux statues décapitées

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et sa Vierge dorée qui veille sur la ville

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Détour par les rues du Vieux Lyon

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L'un des (très) nombreux lions qui rodent dans la ville...
Celui-ci jouit d'une place de choix à l'entrée de la basilique !

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Promenade au hasard des traboules lyonnaises

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Un fameux "bouchon" (bistrot) lyonnais et sa statue d'angle décapitée...

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Retour à la primatiale : même le dessous des socles de statues est sculpté...

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Et pour finir, un petit tour par la fameuse place Bellecour.

 

A quand la prochaine, quand j'aurai relu la série ?

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 14:20

En guise d'hommage aux Piles intermédiaires, qui recense au gré de ses lectures les citations cinéphiles, voici un extrait d'un roman lu récemment (l'un de ceux qui ont inspiré le film Master and Commander pour faire court), où l'on parle de traduction et du métier de traducteur. Une véritable pépite, qui trahit sans doute quelque peu l'expérience de son auteur...

***

"J'étais un homme de lettres. Nous étions assez nombreux - non pas élevés pour les affaires ou pour exercer un métier, mais dotés de quelque éducation et d'assez d'argent pour s'offrir des plumes et une main de papier -, qui commencions à écrire et à nous installer dans cette partie de la ville. (...) Certains avaient un peu d'originalité - je crois que pour ma part, au début, j'avais une vraie disposition pour les vers - mais nous étions sur les versants inférieurs de l'Hélicon, monsieur, le genre d'auteurs qui écrivent un Guide universel pour attraper les rats vivants ou La Naissance malheureuse, la vie malfaisante et la fin misérable de Judas Iscariote, l'Apôtre fourbe. Et des opuscules, naturellement : Réflexions sur la crise actuelle, par un aristocrate, ou bien Nouvelle Méthode pour consolider la dette nationale. Pour ma part, je m'occupais de traductions, pour le compte des libraires.

- De quelle langue ?

- Oh, de toutes les langues, monsieur. Si c'était oriental, ou classique, il y avait toujours un Français qui était passé avant nous. Quant à l'italien et l'espagnol, je parvenais généralement à les déchiffrer. Le haut-flamand aussi. J'étais assez compétent en haut-flamand, à l'époque où j'avais parcouru Elegant Diversions de Fleischhacker et Nearest Way to Heaven de Strumpff. Dans l'ensemble, je m'en sortais assez bien. Il m'arrivait rarement d'avoir faim ou de me trouver sans logement, car j'étais propre, sobre, ponctuel et, je vous l'ai dit, pas fainéant. Je respectais toujours les délais qu'on m'imposait, les imprimeurs comprenaient mon écriture, et je corrigeais mes épreuves dès qu'elles me parvenaient. Mais il arriva qu'un libraire, un certain... chut, je ne peux pas citer de noms... M. G. me fit venir et me proposa de traduire Les Mers du Sud de Boursicot. J'étais très heureux d'accepter, car les affaires étaient plutôt calmes. Je vivais depuis un mois sur Le Cas des druides considéré d'un point de vue impartial, un petit texte publié dans le Ladies' Repository, et les druides ne me permettaient pas de m'offrir autre chose que du pain et du lait. Nous nous sommes mis d'accord pour une demi-guinée la page. Je n'ai pas osé exiger plus, bien que ce fût imprimé en petits caractères, et toutes les notes en perle.

- Qu'est-ce que cela signifiait, en revenu hebdomadaire ?

- Eh bien, monsieur, en tenant compte des passages plus difficiles, et en travaillant douze heures par jour, cela pouvait faire jusqu'à vingt-cinq
shillings ! J'étais ravi, vous le pensez bien : à l'exception de l'abbé Prévost, Boursicot est l'auteur français de récits de voyage le plus prolifique que je connaisse. C'était d'ailleurs le travail le plus long qu'on m'ait jamais proposé. J'ai pensé que cela m'assurerait pour longtemps un revenu régulier. Mon crédit était bon, alors j'ai déménagé - j'ai pris la chambre avec deux fenêtres en façade, une belle pièce pour la lumière. J'ai acheté du matériel, et plusieurs livres dont je pouvais avoir besoin, y compris des dictionnaires très coûteux.

- Vous aviez besoin d'un dictionnaire pour le français ?

- Non, monsieur. J'en avais un. Il s'agissait du Naval Expositor de Blanckley, et des livres de Du Hamel, Aubin et Savérien, dont j'avais besoin pour comprendre les mots difficiles relatifs aux naufrages et aux manoeuvres, et pour connaître les occupations des voyageurs. Je trouve qu'il est indispensable, pour traduire, de bien comprendre le texte, monsieur. J'ai toujours préféré cela. J'ai donc travaillé, dans ma jolie chambre, refusant deux ou trois propositions d'autres libraires, et mangeant deux fois par semaine dans une gargote... Jusqu'au jour où M. G. m'a envoyé un jeune homme pour m'informer qu'il avait réfléchi à mon projet de traduire Boursicot. Que ses associés trouvaient le coût de la gravure un peu élevé. Et qu'il n'y avait pas, vu la situation du marché, une demande suffisante pour un tel article. 

- Vous aviez un contrat ?

- Non, monsieur. C'était ce que les libraires appellent un gentleman's agreement.

- Aucun espoir, alors ?

- Absolument aucun, monsieur. J'ai essayé, bien entendu. On m'a claqué la porte au nez, pour ma peine. Il m'en a voulu de me rebeller contre ses mauvais traitements et il a répandu des histoires à mon sujet, dans la profession, prétendant que je devenais insolent... C'est la dernière chose qu'un libraire puisse tolérer chez un nègre. Il a même dit du mal d'une petite traduction anodine que j'avais faite pour la Literary Review. Personne ne me proposait plus de travail. Mes biens ont été saisis, et mes créanciers auraient fini par s'emparer de ma personne, si je n'avais été assez inspiré pour leur fausser compagnie."

Patrick O'Brian, Capitaine de vaisseau, Presses de la Cité, 1996
Traduction de Jean-Charles Provost, p. 176-178

***

Et puis j'ai oublié de vous en parler, mais Alex du blog de Mox a publié en décembre dernier le premier recueil des aventures traductologiques, linguistiques et quotidiennes de Mox ! Pour le commander, cliquez sur l'image, pour ma part je devrais le recevoir très bientôt, mais comme j'ai une entière confiance en son auteur, et que le gratin des blogs de traducteurs y a apporté sa contribution, je vous le recommande dès à présent ! 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 23:31

Il était une fois un swap des couleurs, dont l'organisatrice avait démissionné bien avant les premiers envois. Le swap blanc était donc tombé à l'eau, et le swap vert était sur le point de suivre le même chemin lorsque l'une de mes binômes était petit à petit devenue une amie... et de fil en aiguille, la volonté de faire renaître ce swap de ses cendres mais avec moins de pression pour les délais s'était affirmée... et un jour, un joli colis était arrivé dans ma boîte aux lettres :

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Du coup, un colis prévu à la base pour quelqu'un qui ne donnait aucun signe de vie était parti dans l'autre sens... 

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... et un complément avait été offert en mains propres (et fini en papotant ensemble) lors d'une visite.

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Et c'est lors de ce même séjour champestre qu'il fut décidé de renouveler l'expérience, toujours sans pression aucune sur les délais, en choisissant une autre couleur. Ce serait le rouge, un rouge automnal à l'origine, qui pouvait se transformer si besoin était en rouge de Noël. 

Ce fut finalement le rouge de l'anniversaire. Et comme la destinataire l'a déjà reçu, un petit aperçu des surprises que contenait le colis... :

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- Quelque chose pour se faire belle

- Quelque chose qui se mange

- Quelque chose de fait main

- Une surprise !

 

Alors alors, qu'y avait-il dans le colis à votre avis ?